En Chine, Renault met le turbo sur l’électrique

Le 16 avril 2020 par Victor Miget
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La Chine représentait, en 2019, le 7e marché du groupe Renault contre le 4e marché en 2018.
La Chine représentait, en 2019, le 7e marché du groupe Renault contre le 4e marché en 2018.
© Renato Ganoza - Flickr - C.C.

Renault change de stratégie en Chine. Le constructeur tricolore a annoncé, mardi 14 avril, son recentrage sur les véhicules électriques et les utilitaires.

 

Ce n’est pas un scoop, Renault roule au ralenti sur le marché chinois. D’autant plus depuis la pandémie de la Covid-19. Aucune voiture n’est sortie de son usine de Wuhan, ville épicentre de l’épidémie, depuis deux mois.

La structure avait été conçue pour fabriquer 150.000 véhicules par an. Elle était en mesure de doubler sa production. Produire c’est bien, mais vendre c’est mieux. En 2019, les ventes étaient en chute de 17,2 % (avec 179 571 unités). La Chine représentait, en 2019, le 7e marché du groupe Renault contre le 4e marché en 2018 (217.000 unités vendues). Les raisons de cet échec ? Un marché ultra-concurrentiel et des parts de marché déjà réparties entre des marques présentes depuis plus longtemps, comme Volkswagen.

La marque au losange, établie là-bas depuis 2013, ne plie pas bagage pour autant. « Nous ouvrons un nouveau chapitre en Chine », a annoncé dans un communiqué, François Provost, directeur des opérations de la région. Le constructeur français arrête la course au volume pour se concentrer sur les véhicules électriques et utilitaires.

Renault a d’abord mis fin à sa collaboration avec l’entreprise d’Etat Dongfeng, son partenaire historique depuis que le Français est entré dans l’Empire du milieu. Signe que les voitures thermiques, c’est du passé : « Renault transférera sa participation (de 50%, ndlr) dans Dongfeng Renault Automotive Company Ltd (DRAC) à Dongfeng Motor Corporation. DRAC cessera ses activités liées à la marque Renault », poursuit le communiqué. L’usine de Wuhan produisait la Renault Kadjar et la Koleos. Elle employait 2.000 personnes, qui retournent donc dans le giron de Dongfeng.

Revirement stratégique

Sur le segment des véhicules électriques (860.000 unités vendues en Chine en 2019), Renault veut sa part du gâteau. « Les ventes devraient atteindre 25 % (de véhicules électriques, ndlr) du marché chinois d'ici à 2030 », espère le constructeur français. Il mise notamment sur une coentreprise, montée avec Nissan et Dongfeng (encore lui) en 2017, baptisée eGT. Elle se concentrera sur la distribution d’une voiture électrique low-cost, la K-ZE. Objectif : en faire un incontournable, en Chine et dans le monde. La marque au losange n’y est pas encore, puisque la K-ZE, bien que proposée à moins de 8000 euros, ne s’est vendue qu’à 2658 exemplaires en deux mois sur 2019.

Mais la surprise pourrait venir d’ailleurs. En juillet dernier, Renault dévoilait une autre coentreprise, JMEV. Créée avec le constructeur chinois Jiangling Motors Corporation Group, elle avait pour mission de fabriquer des véhicules 100 % électriques sous la marque Eveasy. « Avec le soutien de Renault en qualité et technologies, JMEV prévoit de couvrir 45 % du marché chinois des VE en 2022 avec quatre modèles principaux », développe le groupe. Rien que ça.

Sur le volet utilitaire, c’est une autre coentreprise qui est aux manettes : Renault Brilliance Jinbei Automotive Co. Ltd.), créée en coopération avec le Chinois Jinbei. Cinq modèles d’utilitaires sont prévus d'ici à 2023, dont certains électriques.