En Chine, la situation écosystémique s’améliore

Le 17 juin 2016 par Romain Loury
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Le plateau de Loess
Le plateau de Loess

Après des années de pollution frénétique, les services écosystémiques de la Chine semblent enfin s’améliorer, révèle une étude publiée jeudi 16 juin dans Science. Le fruit des programmes de conservation de la nature, lancés par l’Etat au début des années 2000, affirment les chercheurs.

Erosion massive des sols, déforestation à tout-va, pollution des rivières… depuis les années 1970, le développement chinois s’est largement effectué sur le dos de l’environnement. Le montant de la facture est  élevé: conséquence directe de cette dégradation écologique, les inondations le long du fleuve Yangtze ont tué des milliers de personnes en 1998, faisant 13,2 millions de sans-abris pour un coût de 36 milliards de dollars -uniquement pour les pertes de propriété.

Peu après, l’Etat lançait deux programmes gouvernementaux de reconstitution des écosystèmes, les plus importants au monde: le Natural Forest Conservation Program (NFCP), sur la déforestation, et le Sloping Land Conversion Program (SLCP), sur l’érosion. Objectif: rétribuer les agriculteurs en échange d’une restauration des forêts et des prairies.

Or si la situation chinoise demeure mauvaise sur plusieurs aspects (qualité de l’air, qualité de l’eau, émissions de gaz à effet de serre), le pays connaîtrait enfin une embellie écosystémique. C’est ce qu’affirment Zhiyun Ouyang, de l’Académie chinoise des sciences à Pékin, et ses collègues dans Science: à l’aide de relevés satellite, d’observations de terrain et de données historiques, les chercheurs affirment que la situation s’est nettement améliorée.

Meilleure séquestration de carbone

Selon les chercheurs, ces actions auraient déjà permis, entre 2000 et 2010, des gains en matière de production alimentaire (38,5%, en calories produites), de séquestration du carbone (23,4%, en tonnes), de rétention des sols (12,9%, en tonnes), de prévention des inondations (12,7%, en m3 d’eau évités) et des tempêtes de sable (6,1%, en tonnes).

La situation s’est particulièrement améliorée sur le plateau de Loess (ouest de la Chine, zone où les sols sont les plus érodés au monde), au centre du plateau tibétain et dans les monts Taihang (nord de la Chine). Selon les scientifiques, «les résultats de cette évaluation montrent qu’il est possible de combiner amélioration des services écosystémiques et croissance économique».

Quelques bémols toutefois, notamment en termes de biodiversité: les surfaces abritant des espèces endémiques, en danger ou protégées ont diminué de 3,1% entre 2000 et 2010. Et d’autres régions voient leur écosystèmes continuer à se dégrader, notamment au sud-ouest du plateau tibétain, dans l’ouest du désert de Hunshandake (nord de la Chine) et au nord des monts Tian (ouest du pays).



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