En Californie, restaurer les marais pour lutter contre les GES

Le 31 octobre 2014 par Romain Loury
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Le delta San Joaquin-Sacramento
Le delta San Joaquin-Sacramento
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Dans l’ancien delta San Joaquin-Sacramento (Californie), la remise en état des marais permettrait d’inverser le flux de gaz à effet de serre, montre une étude publiée dans la revue Global Change Biology. Et ce malgré le fait qu’ils émettent plus de méthane que les zones agricoles qui leur ont succédé.

Au début du XXème siècle, le delta de Sacramento a été en grande partie asséché, afin de faire de la place aux nouveaux habitants et à l’agriculture. Un siècle plus tard, la question se pose de savoir s’il ne faudrait pas, au moins en partie, remettre la zone dans son état originel. Et les bonnes raisons ne manquent pas.

Primo, l’assèchement a entrainé un affaissement des sols parmi les plus importants au monde. Dans certains endroits, il atteint jusqu’à huit mètres en-dessous du niveau de la mer. Ce qui, en cas de rupture des digues, entraînerait une inondation marine, catastrophique pour l’approvisionnement en eau.

Secundo, les terres cultivées sur d’anciens marais sont fortement émettrices de GES, en particulier de dioxyde de carbone, du fait de l’oxydation de la tourbe. Le sujet demeure toutefois controversé: les marais produisent en effet bien plus de méthane que les zones sèches. Or ce gaz présente un effet de serre 21 fois plus élevé que le gaz carbonique.

Afin d’évaluer le bilan CO2 et méthane, l’équipe de Dennis Baldocchi, de l’université de Berkeley, a effectué des mesures, en 2012 et 2013, en cinq endroits différents de l’ancien delta: un champ de maïs, un pré non cultivé, une rizière (humide par définition), et deux marais, l’un remise en état récemment (2010), l’autre plus ancien (1997).

Conformes aux attentes, les résultats révèlent un avantage évident aux marais. Certes, ils émettent bien plus de méthane, jusqu’à 53 g de carbone par m2 et par an contre seulement 5,84 g/m2/an pour le champ de maïs. Mais ils absorbent fortement le CO2, à raison de 397 g de carbone/m2/an, tandis qu’une même surface de maïs en dégage 341 g.

Résultat des courses: sur les cinq lieux analysés, le marais de 1997 est le seul à absorber des gaz à effet de serre, à raison de 162 grammes équivalent CO2 par m2 et par an. Toutes les autres surfaces étaient émettrices, y compris le marais restauré en 2010.

Selon Jaclyn Hatala Matthes, co-auteure de l’étude, «les émissions de méthane tendent à croître pendant les premières années, un effet corrélé avec la croissance des plantes en zone humide et leur extension (…) Mais nous nous attendons à les voir se stabiliser au fil du temps». Ce que montre en effet l’étude, avec un bénéfice rapide sur le bilan GES.



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