En Californie, les loutres malades de l’artificialisation du littoral

Le 07 septembre 2016 par Romain Loury
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Loutres de mer
Loutres de mer

Depuis les années 1990, les loutres de mer californiennes sont menacées par la toxoplasmose, maladie dont l’agent est véhiculé par les félins. Un parfait exemple de transfert terre-mer d’un organisme pathogène, phénomène renforcé par l’artificialisation du littoral et le réchauffement, révèle une étude américaine publiée dans Nature Scientific Reports.

Maladie le plus souvent asymptomatique chez l’homme, la toxoplasmose peut provoquer de graves malformations fœtales lorsqu’elle touche une femme enceinte. Les félins, en particulier le chat domestique, sont les seuls hôtes définitifs connus de son agent, le parasite Toxoplasma gondii, dont ils relarguent les œufs dans l’environnement via leurs excréments. Appelés oocystes, ces œufs peuvent alors contaminer tout animal à sang chaud, homme ou autre.

Parmi eux, les loutres de mer de Californie, chez lesquelles on assiste depuis les années 1990 à des cas de mortalité liés à la toxoplasmose. Comment expliquer ce transfert vers la mer d’un pathogène réputé exclusivement terrestre? Très résistants une fois dans l’environnement, les oocystes sont déversés en mer via les eaux d’origine terrestre. Et tout porte à croire que ce transfert terre-mer prend de l’ampleur.

Dans son étude, l’équipe de Jonna Mazet, du One Health Institute à l’université de Californie de Davis, confirment le phénomène: se basant sur la répartition en Californie des chats domestiques et des félins sauvages (puma, lynx roux), ainsi que sur les volumes de précipitations, les chercheurs ont estimé, en chaque point du littoral californien, l’abondance d’oocystes se déversant en mer. Or plus cette pollution biologique s’élève, plus la prévalence d’infection par Toxoplasma gondii augmente chez la loutre de mer.

Selon les chercheurs, l’artificialisation du littoral, qui empêche l’absorption des eaux de pluie par le sol, accélère ce transfert: d’après leurs modélisations, le nombre d’oocystes arrivant en mer aurait ainsi augmenté de 44% entre 1990 et 2010. Idem pour le réchauffement climatique, qui pourrait accroître le risque de pluies courtes et intenses: selon l’étude, une année à fortes précipitations pourrait engendrer une hausse de 79% du transfert marin de Toxoplasma gondii.



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