En Australie, les récifs de coquillages disparaissent aussi

Le 16 février 2018 par Stéphanie Senet
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Il ne reste plus que 1% des habitats d'huîtres plates en Australie
Il ne reste plus que 1% des habitats d'huîtres plates en Australie

Entre 90% et 99% des récifs de coquillages ont disparu des eaux australiennes en 200 ans, selon une étude publiée le 14 février dans la revue Plos One. C’est l’un des écosystèmes marins les plus menacés au monde.

 

Menacés par le réchauffement, les plastiques et la surpêche, les récifs coralliens ne sont pas les seuls en danger. Des scientifiques d’universités australiennes et de l’ONG The Nature Conservancy (TNC) montrent que les récifs d’huîtres et de moules ont quasiment tous disparu des baies, estuaires et eaux côtières australiennes. Au total, ils ont étudié l’évolution de 14 espèces de bivalves d’Australie tropicale, subtropicale et tempérée, qui abritent des écosystèmes complexes indispensables aux poissons, aux invertébrés et à la filtration des eaux. 

«Nous savions déjà qu’ils se portaient très mal dans le monde, avec de fortes dégradations allant jusqu’à 85% des populations. Notre étude confirme qu’en Australie, la situation est encore pire. Il ne reste plus que 1% des habitats d’huîtres plates et 10% des habitats de l’huître saccostrea», résume Chris Gillies, chercheur à TNC, qui a piloté l’étude. Au total, un seul récif d’huîtres plates sur 118 a survécu, en Tasmanie. Quant aux saccostrea, seuls 6 récifs ont perduré, contre 60 il y a 200 ans.

 

Surpêche et pollution

L’étude a identifié de nombreuses causes: la surpêche, les pratiques de pêche destructrices des écosystèmes comme le dragage, la modification des habitats, les rejets de sédiments, l’essor des maladies et des espèces invasives et la dégradation de la qualité des eaux (en particulier les fortes concentrations de métaux lourds).

La disparition des coquillages aggrave par ailleurs les effets du réchauffement, l’acidification des océans et réduit la protection des communautés côtières et des fermes aquacoles des risques de pollutions.

 

Une vieille histoire

«Les récifs coralliens de la Grande Barrière sont fortement touchés mais en réalité, ce sont les récifs de coquillages qui ont le plus souffert. Simplement, leur disparition a commencé avant notre naissance, alors les gens se rendent moins compte que nous les avons perdus», observe Chris Gillies.

 

Traitement d’urgence

Pas de fatalité pour autant. Les chercheurs avancent plusieurs solutions pour rétablir ces écosystèmes. Des solutions qui ont déjà fait leurs preuves aux Etats-Unis où des centaines de récifs d’huîtres ont pu être restaurés au cours des 20 dernières années. A condition de les mettre en œuvre au plus vite.

 



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