En attendant, gaz et charbon reprennent du service

Le 12 octobre 2011 par Gwénaëlle Deboutte
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Le développement des énergies renouvelables ne se fera pas en un jour. De fait, les autorités prévoient l’augmentation de la production électrique à partir du gaz et du charbon. Mais avec des centrales optimisées et en veillant à garantir l’indépendance énergétique du pays.

Compte tenu du rythme de développement des énergies renouvelables, la sortie du nucléaire outre-Rhin ne pourra se faire, à court terme, sans le recours aux énergies fossiles. Le charbon (houille et lignite) représente déjà plus de 40% de la production brute d’électricité, le gaz 13%. Mais, sans que cela soit encore formalisé, entre charbon et gaz, la préférence va clairement au deuxième. Les raisons en sont nombreuses. Selon le ministère de l’environnement, les centrales au gaz peuvent être construites plus rapidement, sont plus flexibles que les centrales au charbon et surtout, présentent un meilleur bilan climatique, avec des émissions moindres. Inconvénient, elles sont plus coûteuses. Elles seront accompagnées d’un essor des centrales à cogénération. L’agence pour l’environnement (Dena) prévoit ainsi que la production d’électricité à partir de cette technique devrait doubler, de 11% aujourd’hui à 22% en 2020.
 
A l’inverse, bien que les centrales au charbon aient fait des progrès en matière d’émission de CO2, Uwe Maaßen, du syndicat des exploitants de lignite (Debriv), s’attend à un repli de la demande en charbon brun, principalement extrait des mines allemandes. De même pour la houille, en partie importée. «Pour l’heure, nous comptons 13 GW de centrales à houille en construction, mais cela vise à remplacer les plus vieilles centrales», analyse Andreas Peter Sitte, du syndicat des exploitants de charbon de pierre (houille). Au-delà, peu de nouveaux projets sont à attendre.

De leur côté, les exploitants de centrales au gaz profitent de cet avantage pour jouer la carte de l’innovation. Ils planchent ainsi sur des centrales émettant toujours moins de gaz à effet de serre. Ils insistent aussi sur le potentiel de leurs centrales, même lorsque les énergies renouvelables seront à leur maximum. En effet, cette technologie serait un complément parfait, pour compenser le caractère fluctuant des énergies nouvelles. De plus, l’approvisionnement en gaz pourra être remplacé à terme par du biogaz, pour un meilleur bilan énergétique.
 
Mais avec la question du gaz vient naturellement pour le gouvernement celle de l’indépendance énergétique. Pour l’heure, 40% des importations proviennent de Russie. «Nous avons bâti depuis de nombreuses années des relations commerciales fiables et stables avec notre fournisseur principal, la Russie, tenait à rappeler la chancelière Angela Merkel lors d’une conférence de presse. Nous ne sommes pas inquiets. De plus, nous ne dépendons pas que du gaz russe. Nous avons, avec le gaz anglais et le gaz norvégien, d’autres sources d’approvisionnement.» Pour autant, pas question de mettre tous ses œufs dans le même panier. Tout en maintenant de bonnes relations politiques et diplomatiques avec ses fournisseurs actuels, l’Allemagne ne veut prendre aucun risque. Elle envisage ainsi de renforcer ses relations avec la Norvège et regarde vers d’autres régions, comme l’Asie centrale et l’Afrique du Nord.
Gwénaëlle Deboutte
 
Prochain épisode: maîtriser les émissions de CO2 malgré l’arrêt du nucléaire


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