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En Antarctique, le plomb a devancé l’homme

Le 29 juillet 2014 par Romain Loury
Amundsen doublé par la pollution
Amundsen doublé par la pollution
DR

La pollution massive de l’Antarctique par le plomb remonte aux années 1880, du fait de la mine d’argent de Broken Hill en Australie. Depuis, le sixième continent a reçu 660 tonnes de ce métal lourd, révèle une étude publiée dans la revue Scientific Reports.

Etonnante découverte que l’équipe de Joseph McConnell, du Desert Research Institute de Reno (Nevada), vient de faire: lorsque l’explorateur norvégien Roald Amundsen, talonné par le Britannique Robert Scott, foula le pôle Sud en 1911, l’Antarctique était déjà truffé de plomb, plus qu’il ne l’est de nos jours. Loin de l’idée selon laquelle ce continent était jusqu’alors vierge de toute empreinte humaine.

Les chercheurs américains en font la démonstration par l’analyse de 16 carottes glaciaires prélevées en divers points de l’Antarctique, d’une taille leur permettant de remonter jusqu’à l’an 1600. La teneur en plomb s’élève légèrement jusqu’en 1885, puis passe en 15 ans de 1,8 picogrammes/gramme de glace à 5,4 pg/g, taux auquel elle se maintiendra jusqu’à la fin des années 1920 [1].

Après avoir connu une chute lors de la Grande dépression de 1932, puis de nouveau juste après la deuxième guerre mondiale (1948), elle connaît un pic historique en 1975, à 5,75 pg/g. La présence de plomb demeure élevée jusqu’au milieu des années 1990, avant de redescendre vers 2 pg/g au début du XXIème siècle.

Si cette récente baisse s’explique en partie par l’abandon des carburants au plomb, l’arrivée aussi précoce de ce métal lourd a de quoi surprendre. De l’autre côté du globe, l’Arctique n’a connu son pic qu’au début des années 1970, avec de très faibles niveaux enregistrés au début du XXème siècle.

Une analyse des isotopes présents dans les 16 carottes permet d’en cerner l’origine: le plomb déposé à la fin du XIXème siècle et au début du XXème provenait de la mine de Broken Hill en Australie, riche en argent, plomb et cuivre, dont l’exploitation, toujours en cours, a en effet débuté dans les années 1880.

Depuis la fin du XIXème siècle, l’Antarctique aura reçu un total de 660 tonnes de plomb, et ce jusqu’à 10,6 tonnes par an au début du XXème siècle. Contre 7 tonnes par an ces dernières années, soit 4 fois plus qu’avant le début de la Révolution industrielle.

[1] Un picogramme équivaut à un millième de milliardième de gramme.



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