En Amazonie, la biodiversité sur le fil

Le 09 mars 2015 par Romain Loury
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En 2030, 64% du Rondônia dépassera le seuil
En 2030, 64% du Rondônia dépassera le seuil

Conséquence de la déforestation, l’Amazonie ne cesse de perdre ses espèces animales. En-dessous d’environ 40% de couverture arborée, la chute s’accélère, révèle une étude brésilienne publiée dans la revue Conservation Biology.

Au Brésil, le gouvernement impose aux propriétaires terriens d’Amazonie de conserver au moins 80% de leur terrain couvert d’arbres. Dans les faits, on est loin du compte, tant nombre d’entre eux ne se gênent pas d’aller bien au-delà afin d’exploiter leurs terres au maximum, rappellent Jose Manuel Ochoa-Quintero, de l’université fédérale du Mato Grosso do Sul, et ses collègues.

Or les effets pour la biodiversité sont d’ores et déjà désastreux, révèlent les chercheurs. Dans leur étude, l’une des rares à se pencher sur les relations complexes entre déforestation et biodiversité, ils ont analysé 31 parcelles de 10.000 hectares dans l’Etat de Rondônia, à l’ouest du Brésil, évaluant la présence de 35 espèces de mammifères et d’oiseaux en fonction de la couverture arborée.

Bilan: la perte d’espèces animales s’accélère en-dessous d’un seuil, qu’ils évaluent à 43% de surface couverte d’arbres. Au-dessus, toute perte de 10% de la couverture entraîne la perte d’une à deux espèces animales. En-dessous, ce sont 2 à 8 espèces qui disparaissent pour toute perte de 10%.

La fragmentation dépeuple la forêt

Pour Jose Manuel Ochoa-Quintero, «il ne s’agit pas seulement d’une perte globale de l’habitat, mais aussi d’une moindre connexion entre les fragments résiduels de forêt, ce qui oblige les animaux à chasser et à se reproduire dans des espaces de plus en plus étroits. Cette fragmentation pourrait être l’élément-clé de ce seuil [de 43%] en-dessous duquel on observe une chute de la biodiversité».

Au rythme actuel de déforestation, de 1,8% par an, seuls 22% des forêts du Rondônia garderaient une couverture arborée supérieure à 70% en 2030, contre 33% en 2010. Et 64% se situeraient en-dessous du seuil de 43%, contre 37% en 2010. Selon les chercheurs, c’est sur ces terres que doivent en priorité porter les efforts de reforestation, là où ils seront les plus efficaces à moindre coût.



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