En Allemagne, j’ai rencontré un (vrai) territoire à énergie positive

Le 19 mars 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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A Rethem, les cyclotouristes peuvent recharger leur vélo électrique.
A Rethem, les cyclotouristes peuvent recharger leur vélo électrique.
VLDT

Dans la campagne saxonne, les 74.000 habitants de l’intercommunalité de Rethem investissent depuis deux décennies dans la production d’énergies renouvelables locales. Un projet de territoire rentable.

De longue date, la gestion de l’énergie, en Allemagne, est une question décentralisée. Pour s’en convaincre, un retour sur le terrain s’impose. Alors que la France lance à peine son programme des territoires à énergie positive, on compte déjà plus de 700 collectivités allemandes[1] produisant plus d’énergie qu’elles n’en consomment.

Depuis 1996, huit villes et villages des vallées rurales de l’Aller et de la Leine (Basse-Saxe) ont tissé une étonnante intercommunalité énergétique. «Ce sont les citoyens qui ont commencé en se regroupant pour investir en commun dans des panneaux photovoltaïques», explique Cort-Brün Voige. Les communes ne tardent pas à suivre. Deux motivations à cela: «Nous avions, bien sûr, envie de réduire notre impact sur l’environnement. Mais aussi de développer des ressources pour améliorer l’état de nos finances locales», complète le maire de l’intercommunalité.

Cogestion

Cogestion à l’allemande oblige, un comité de pilotage, réunissant élus et administrés, élabore et met en œuvre la stratégie énergétique. A coups d’emprunts, d’aides publiques, mais aussi d’investissements directs des citoyens, les projets fleurissent.

Aujourd’hui, les huit communes des deux vallées affichent un bilan des plus impressionnants: 56 éoliennes (100 mégawatts), 6 centrales hydroélectriques (6 MW), 1.264 centrales photovoltaïques (21 MWc), 11.200 mètres carrés de panneaux solaires thermiques. Sans oublier 22 méthaniseurs agricoles (15 MW) qui alimentent directement les réseaux de chaleur communaux. Directement ou non, les 78.000 habitants ont investi plus de 230 millions d’euros. Avec des résultats à la clé.

Désendettement et tourisme

«Nous sommes désormais une collectivité à énergie positive, puisque nous exportons 73 gigawattheures d’énergie par an sur les réseaux», comptabilise Cort-Brün Voige. Les recettes générées par la vente d’électricité et de chaleur servent en priorité au désendettement. La production d’énergie locale a créé aussi quelques emplois durables. «Une dizaine de techniciens s’occupent à temps complet des méthaniseurs», estime le maire.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, les vallées de l’Aller et de la Leine sont devenues un site touristique un peu particulier. Une route cyclable les parcourt désormais. Le long des 44 étapes, les cyclotouristes découvrent et visitent aérogénérateurs communaux, micro-centrales, vieux moulins à vent ou barques à énergie solaire.

Dans ce paysage idyllique, des mécontents font entendre leur voix. «Ce sont nos concitoyens qui n’ont pas eu les moyens d’investir (2.500 € de mise minimale) dans nos moyens de production et qui n’en tirent aucun bénéfice», concède Cort-Brün Voige. Pour réduire le montant du ticket d’entrée dans les énergies renouvelables, l’intercommunalité pourrait mettre à leur disposition des toitures, pour installer de nouvelles centrales photovoltaïques.

 



[1] Villes ou intercommunalités, ces 700 territoires abritent le tiers de la population allemande.

 



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