En Allemagne, des chauves-souris ont raison de Tesla

Le 17 février 2020 par Victor Miget
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En plus des chauves-souris, se sont des colonies entières de fourmis que Telsa va devoir déplacer du site de sa gigafactory.
En plus des chauves-souris, se sont des colonies entières de fourmis que Telsa va devoir déplacer du site de sa gigafactory.

Tesla a reçu l'ordre de suspendre temporairement le chantier de sa gigafactory en Allemagne après que des écologistes ont obtenu une injonction du tribunal dimanche 16 février. En cause, l’approvisionnement en eau et la protection d’espèces menacées sur le futur site de l’usine.

 

Les contretemps s’enchaînent pour l’usine allemande du constructeur automobile Tesla. Son grand patron Elon Musk, annonçait en novembre dernier la construction d’une usine «gigafactory» européenne à Grünheide, dans l'est du Brandebourg (Allemagne). Ni une ni deux, l’entreprise américaine commençait à défricher des terres forestières.

Premier contretemps donc : de vieilles bombes de la Seconde guerre mondiale retrouvées sur le site, dont il a bien fallu s’occuper. Second contretemps : le constructeur automobile n'a pas été officiellement autorisé à construire l'usine. La demande d’autorisation est toujours en cours. Le ministère allemand de l'environnement l’a seulement autorisé à entamer la préparation du site «à ses propres risques». Et justement les risques sont là ! Avant même que les premiers arbres ne tombent, les verts ont vu rouge. Selon les militants, l'usine menace la faune locale et l'approvisionnement en eau potable. Les écologistes  réunis au sein de la Ligue verte ont obtenu une injonction temporaire du tribunal dimanche 16 janvier, contraignant Tesla à suspendre les travaux.  

Batman en embuscade

Le défrichage concerne 92 hectares de la forêt de Grünheide. Un parc naturel, refuge d’espèces animales protégées et notamment des colonies de chauves-souris. Pas le choix, le constructeur a fait profil bas. Tesla a promis de déplacer des colonies de reptiles, de chauves-souris, mais aussi de fourmis forestières. Ces dernières seront relocalisées à l’aide de pelles et d’excavateurs. L’entreprise a également promis d'accrocher 400 nichoirs pour les oiseaux.

Mais ce sont les chauves-souris qui causent bien des tracas au géant américain. Elles sortent généralement d’hibernation en mars et  commencent à s'accoupler dans la foulée. Or, l’AFP rapporte que l'Union allemande pour la conservation de la nature et de la biodiversité (NABU) a averti qu'il ne serait pas facile de déplacer les chiroptères. «Pour déranger le moins possible les chauves-souris, il faudra les déplacer pendant l'hibernation», a déclaré Christiane Schroeder, directrice de la branche brandebourgeoise de la NABU, au quotidien Berliner Zeitung. Ce qui laisse donc peu de temps à Tesla pour agir. 

Du côté d’Elon Musk, tout est bon pour défendre un investissement à 4 milliards d’euros. Selon lui la Gigafactory 4 n’utilisera pas beaucoup d’eau. Quant aux 92 hectares de forêt rasés, ils «n’étaient pas naturels». Il s’agissait en fait d’une ancienne exploitation destiné à fabriquer du papier carton. Mieux : « Giga Berlin construira des véhicules à énergie renouvelables en utilisant de l’énergie renouvelable, donc l’impact environnemental net sera extrêmement positif !», s’est-il exprimé dans un tweet du 25 janvier dernier. A la bonne heure.

L’usine qui devait initialement ouvrir en 2021, doit produire jusqu'à 500.000 voitures par an, à destination du marché européen. Le tribunal administratif a assuré qu'il traiterait la procédure avec une haute priorité. Les audiences qui doivent décider de la reprise ou non du chantier auront lieu cette semaine.