En Afrique, les nourrissons victimes du réchauffement

Le 30 septembre 2015 par Romain Loury
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Un risque émergent
Un risque émergent
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En Afrique, le réchauffement climatique pourrait diminuer le poids des bébés à la naissance, compromettant leur santé, révèle une étude américaine publiée dans la revue Global Environmental Change. Si l’effet peut paraître modeste, il pourrait aggraver un état sanitaire déjà précaire dans ces pays.

En-dessous de 2,5 kg à la naissance, les nouveau-nés ont de moindres chances de survie, sont plus à risque de développer des maladies durant l’enfance, et de souffrir de troubles du développement physique et mental. Le problème est particulièrement aigu en Afrique, où les systèmes de santé sont peu développés.

Or ce sont justement dans ces pays que le réchauffement pourrait être le plus marqué. Outre les maladies cardiovasculaires et respiratoires, dont ils devraient accroître l’incidence, les changements climatiques pourraient aussi agir sur la santé du nourrisson. Déjà exploré, le sujet a donné lieu à des résultats très variables, sans lien très clair avec le niveau de température et de précipitations.

Menée sur plus de 70.000 naissances survenues dans 19 pays d’Afrique subsaharienne entre 1986 et 2010, l’étude menée par Kathryn Grace, géographe à l’université d’Utah, et ses collègues est l’une des plus larges jamais menées sur le sujet. Grâce à la taille de cet échantillon, les chercheurs sont parvenus à tenir compte des variations de sécurité alimentaire, de richesse et de niveau d’éducation du foyer, autres facteurs associés au poids de naissance.

Un poids diminué de 4,5%

S’ils sont a priori modestes, les résultats atteignent la significativité statistique: lors du deuxième trimestre de la grossesse, toute journée supplémentaire au-dessus de 37,8°C (100 Fahrenheit) entraîne une perte moyenne de 0,9 gramme à la naissance. A l’inverse, une hausse de précipitations de 10 millimètres au cours de n’importe quel trimestre élève le poids de 0,3 à 0,5 g.

A priori, pas de quoi dérégler la balance… sauf que dans un scénario assez probable de réchauffement, telle qu’une hausse de 50% du nombre de jours chauds et une baisse de 100 mm au cours des 9 mois de grossesse, un nouveau-né perdrait en moyenne 4,36% de son poids. Ce à quoi devrait s’ajouter, du fait des changements climatiques, une plus grande insécurité alimentaire, également néfaste au développement fœtal.

Selon les chercheurs, le réchauffement climatique pourrait avoir «un impact similaire, voire supérieur, à celui d’indicateurs socio-économiques importants, tels que le niveau d’études ou la présence d’électricité à domicile». De plus, les enfants de petit poids de naissance ont eux-mêmes plus de risques, une fois adultes, d’engendrer des enfants de petit gabarit, amplifiant ainsi le phénomène.

«Au final, l’aide apportée à ces pays en développement, aussi bien en termes d’éducation, d’accès à l’eau et de nutrition, verra ses bénéfices diminuer aussi longtemps que le réchauffement climatique se poursuivra. Il nous faut œuvrer plus vite et de manière différente pour combattre ces impacts sanitaires de plus en plus évidents», commente Kathryn Grace.



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