En 30 ans, une explosion infectieuse

Le 30 octobre 2014 par Romain Loury
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Le chikungunya, maladie du XXIème siècle
Le chikungunya, maladie du XXIème siècle
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Plus de maladies, plus d’épidémies: depuis les années 1980, la menace infectieuse se fait toujours plus pressante, révèle une étude publiée dans le Journal of The Royal Society Interface. Un phénomène en partie lié au réchauffement et à l’urbanisation.

Plus de 12.100 épidémies, 215 maladies, 44 millions de cas analysés dans 213 pays: portant sur la période 1980-2013, l’étude publiée par l’équipe de Sohini Ramachandran, de l’université de Brown à Providence (Etat de Rhode Island), est l’une des plus importantes jamais menées sur l’évolution des maladies infectieuses au cours des dernières décennies.

Et ses résultats sont pour le moins inquiétants: en 33 ans, le nombre de maladies ayant frappé l’homme ont fortement augmenté, de 125 sur la période 1980-1985 à 160 pour 2005-2010. Tout comme le nombre d’épidémies, passé d’environ 800 à plus de 3.000! Et ce même en tant compte de l’arrivée d’internet dans les années 1990, outil qui a facilité la détection.

Le constat est le même pour tous les types de maladies, quel que soit leur agent (virus, bactérie, champignon, parasite, protozoaire), qu’elles proviennent de l’animal ou soit spécifique de l’homme, ou qu’elle soit liée ou non à un animal vecteur.

Salmonelloses et gastro-entérites en tête

Parmi les maladies zoonotiques, les salmonelloses arrivent gagnantes sur les 3 décennies, en termes de nombre d’épidémies. En 2000-2010, elles sont suivies par les infections par Escherichia coli, la grippe A, l’hépatite A, l’anthrax et la dengue.

Quasi-inconnu jusqu’à l’épidémie réunionnaise de 2005-2006, le chikungunya arrive désormais en neuvième position. D’autres zoonoses se sont faites plus rares, telles la campylobactériose, la cryptosporidiose et l’hépatite E.

Du côté des maladies se restreignant à l’homme, les gastroentérites sont en tête, suivies de loin par le choléra, la rougeole, les entérovirus, les méningites bactériennes, la légionellose, la fièvre typhoïde, les diarrhées liées aux rotavirus, les oreillons et la coqueluche.

Plus de risque collectif, mais moins de risque individuel

Seul fait rassurant, le risque par personne d’attraper une maladie est quant à lui en baisse: «malgré des épidémies de plus en plus nombreuses, l’amélioration de la prévention, un dépistage plus précoce, un meilleur traitement et un contrôle accru au niveau de la population ont permis de réduire le nombre de personnes infectées», expliquent les chercheurs.

«Nous vivons dans un monde où les populations humaines sont de plus en plus connectées entre elles et avec les animaux –aussi bien sauvages que d’élevage-, lesquels hébergent de nouveaux pathogènes», indique l’une des co-auteures de l’étude, Katherine Smith. «Ces connexions créent des occasions pour les pathogènes de changer d’hôte, de franchir des frontières, d’évoluer en de nouvelles souches plus robustes que celles que nous avons vu par le passé», ajoute la chercheure.

La recrudescence de nouvelles maladies est certes le fait d’une démographie galopante, mais aussi d’«un monde en réchauffement, aux paysages de plus en plus altérés, un monde plus urbanisé», conclut Katherine Smith. Une évolution qu’illustre parfaitement l’épidémie actuelle d’Ebola, que nombre d’experts imputent à la déforestation.



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