En 2015, le monde a moins investi dans l’énergie

Le 14 septembre 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Net fléchissement, en 2015, des investissements mondiaux dans l'énergie.
Net fléchissement, en 2015, des investissements mondiaux dans l'énergie.
AIE

Si cette tendance se poursuit, la transition énergétique pourrait en pâtir.

L’an passé, la planète a moins investi dans l’énergie. Un véritable paradoxe. A l’heure où la demande mondiale d’énergie croît régulièrement. Au moment où les pays émergents doivent décarboner leur économie. Une période, a rappelé la COP 21, que doivent mettre à profit les pays les plus anciennement développés pour rénover leur système électrique (production et réseaux). Et pourtant…

Comme le rappelle le rapport sur les investissements énergétiques, que publie l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ce mercredi 14 septembre, les investisseurs de tous les pays ont consacré, en 2015, 1.800 milliards de dollars (1.600 milliards d’euros). Somme énorme, mais de 8% plus faible que les montants consentis à ce secteur en 2014. Du jamais vu depuis le début du siècle!

2,5 fois plus d’investissements dans le pétrole que dans les ENR

Deux grands phénomènes expliquent ce recul. Avec l’effondrement des prix du brut, les pétrogaziers ont réduit leurs investissements d’un quart, notamment dans l’exploration-production, mais aussi dans les transports. Nous avons beau baigner dans l’oil-bashing, l’exploitation de l’or noir pèse encore lourd dans nos économies: 832 Md$ en 2015, soit plus de 2,5 fois les investissements en faveur des énergies renouvelables.

Cette chute est majoritairement imputable à un fort ralentissement des activités pétrolières et gazières aux Etats-Unis (-52% dans l’exploitation du pétrole de schiste), durement touchés par la guerre des prix lancée par les producteurs du Golfe. A cela, il faut ajouter le fort ralentissement de l’économie chinoise qui a décalé moult investissements.

Le secteur électrique a mieux résisté. Avec un montant d’investissement de 682 Md$ (605 Md€), il progresse de 4% en un an. Les dépenses chinoises et indiennes représentent 38% de ce total. Globalement, les investissements dans la production ‘renouvelable’ ont représenté 288 Md$ (+2%), soit plus du double des efforts consentis en faveur des centrales à gaz et à charbon (111 Md$, en baisse de 8%). A noter toutefois que les pays d’Asie ont mis en service 75 gigawatts de centrales vertes: exactement la même capacité que celles des nouvelles centrales à charbon[1].

Nucléaire à la traîne

Dans toutes les régions (Chine exceptée), le nucléaire reste à la traîne. Au total, l’atome n’a mobilisé que 21 Md$, les plus basses dépenses observées depuis 20 ans. Parent souvent pauvre du secteur électrique, les réseaux retrouvent des couleurs. Leurs gestionnaires ont mobilisé 260 Md$ (230,6 Md€) en 2015: +15% en un an. Les pays de l’OCDE commencent à rénover massivement des lignes qui ont parfois un demi-siècle. Les autres étendent les réseaux pour faire face à la demande.

Pas COP 21 compatibles

Ces grandes tendances sont-elles compatibles avec les engagements pris lors de la COP 21? Pas vraiment, répond l’AIE. Il y a encore fort à faire dans les technologies de décarbonation, tel le captage-stockage géologique de CO2 ou les carburants de substitution pour les transports maritimes, aériens et terrestres. Même remarque pour les technologies de stockage d’électricité, qu’elles soient chimiques (batteries) ou physiques (volants à inertie, pompage-turbinage).

De plus, le charbon reste une source d’énergie privilégiée par de nombreux électriciens. L’an passé, compagnies minières et producteurs d’électricité ont investi 180 Md$ (159,7 Md€) dans King Coal. Dernière bonne nouvelle: la planète a consenti à placer 220 Md$ dans l’amélioration de l’efficacité énergétique: +6%. Ce qui n’était pas gagné avec la baisse des prix de l’énergie.

 



[1] Au 30 juin dernier, 200 GW de charbon étaient en construction dans l’Empire du Milieu.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus