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En 2010, le recyclage des panneaux solaires se met en place

Le 09 février 2010 par Gwénaëlle Deboutte
toit_photovoltaique
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Fonctionnement, coûts, technologies… Alors que le recyclage des panneaux photovoltaïques fait ses débuts, de nombreuses interrogations persistent, soulevées lors de la première conférence internationale sur le sujet, du fait du manque de retour d’expérience de la toute jeune filière.

De Berlin (Allemagne)
Créée en 2007 pour organiser le recyclage des panneaux solaires, l’association PV Cycle est entrée dans sa phase opérationnelle. «Nous devons maintenant mettre en place ce que nous avons promis», a souligné Karsten Wambach, son président, lors de la première conférence internationale sur le recyclage des panneaux photovoltaïques, le 26 janvier dernier à Berlin. Référence aux objectifs que s’est fixés la jeune filière: collecter au minimum 65% des modules installés en Europe depuis 1990 et en recycler 85%.

Hasard du calendrier, c’est aussi en Allemagne que l’association a lancé, au début de ce mois, le premier programme de reprise des panneaux solaires. Pour l’heure, 10 points de collecte ont été répartis sur le territoire allemand. Mais à terme, le potentiel pourrait bien être de 60 à 70 centres. «Un appel d’offres concernant les sites de recyclage a été lancé et le choix devrait être finalisé dans les prochaines semaines», a précisé son directeur général, Jan Clyncke. Des programmes de ce type suivront en Espagne en juin, puis en France, en Italie, en Belgique et aux Pays-Bas.

Certes, les volumes de déchets de panneaux dans le monde sont encore très faibles. PV Cycle avance le chiffre de 6.000 tonnes sur l’année 2010, dont 3.000 en Allemagne. Une goutte d’eau au regard des 130.000 tonnes attendues à l’horizon 2030. A l’heure actuelle, ces quantités sont surtout composées de chutes de production, de panneaux cassés durant le transport ou l’installation, ou encore de retours de garantie. Installés au début des années 80, pour une durée de vie estimée à 25 ans, le gros des premiers panneaux véritablement en fin de vie n’est pas attendu avant 10 ou 15 ans. Pour autant, l’industrie du solaire a souhaité prendre les devants. «En tant qu’industrie verte, il nous était impossible de produire une énergie renouvelable sans nous soucier du devenir de nos déchets, explique Jan Clyncke. Par ailleurs, le recyclage nous permet de récupérer le silicium et les métaux précieux contenus dans les panneaux.»

Mais ce «manque d’histoire», selon les termes d’un intervenant, est aussi la spécificité de la filière, qui fait face à de nombreuses incertitudes. A commencer par la durée de vie des panneaux. Il revient en effet à l’utilisateur de décider quand il jettera ses modules. Il peut donc très bien décider de les conserver, même s’ils ne fonctionnent plus qu’à 50% de leurs capacités. De plus, rien ne dit que cette durée de 25 ans sera la même dans le futur, comme le pointait un participant : «Elle pourrait être beaucoup plus courte, en raison de l’évolution rapide des technologies, ou parce que les investisseurs peuvent préférer des technologies à bas coût et de moindre qualité.» Ces impondérables compliquent l’estimation des tonnages.

Quant aux coûts, liés au fonctionnement de la filière et aux volumes, ils étaient au cœur des discussions. Pour financer le recyclage sur 2010, les membres de PV Cycle ont fixé la cotisation à 24 centimes d’euro par kilo de modules mis sur le marché. Ce chiffre a été calculé à partir d’études, de résultats d’appels d’offres ou encore d’audits. Mais seule l’expérience sur la logistique de collecte et le recyclage permettra réellement d’affiner les coûts structuraux.

Outre ce système collectif, des producteurs comme First Solar ou Sunicon (SolarWorld) ont également développé leur propre programme de collecte. «Pour des produits ayant une aussi longue durée de vie, il est important d’assurer au client dès l’achat qu’il bénéficiera d’un service de collecte, gratuit et de manière inconditionnelle dans le temps. C’est pourquoi, chez First Solar, ces fonds sont gérés par un administrateur, dont c’est l’unique mission», explique Lisa Krueger, vice-présidente du développement durable du fabricant américain de panneaux solaires.

Enfin, les technologies de recyclage existantes peuvent encore évoluer. En 2009, une opération-pilote a été menée sur les 2.000 modules monocristallins (19 tonnes), installés en 1983 sur le site belge de Chevetogne. Le traitement, thermique et chimique, a permis de valoriser 85% de la matière. Mais depuis, les panneaux de seconde génération, au cadmium notamment, plus problématiques, se sont multipliés. Quelles seront alors les technologies de recyclage les mieux adaptées, les moins polluantes et les moins coûteuses? Doit-on utiliser des sites de recyclage existants et adapter les technologies des autres filières? Est-il préférable de développer des technologies dédiées? De nombreuses réponses restent donc à trouver avant le boom des années futures.

6 réactions

salomon daniel | 09/02/2010 - 16H24

Le cadmium Les panneaux de seconde génération posent des soucis de recyclage, ce qui n'est pas étonnant, car le cadmium est classé dans les métaux lourds et toxiques avec le plomb, le mercure et tant d'autres. Les panneaux solaires doivent encore faire des progrès, c'est évident. Ne pourrais-t-on pas sensibiliser les équipes qui mettent au point les futures génération de panneaux au problème de recyclage des panneaux en fin de vie utile? Conscient que cela a un coût, j'en apelle aux politiques pour mettre en place les incitations nécessaires. Daniel Salomon.

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Joly Norbert | 09/02/2010 - 15H15

Bonne nouvelles Il est intéressant de savoir qu'une industrie a le soucis du devenir de ses déchets et de la gestion de ses produits en fin de vie. Surtout quelques années avant l'arrivée massives des dits produits. Aurait-ils pu s'en préoccuper encore plus tôt ? Oui, certainement, mais il me semble que ces discussions sont en cours depuis quelques années. Au passage soulignons que l'énergie nécessaire à la construction des panneaux photovoltaïques est « récupérée »au bout de 2 à 3 ans de fonctionnement, ce qui sur une durée de vie de 25 à 30 ans est très honorable. D'autant plus que le fonctionnement d'un panneau ne provoque pas de pollution. Reste à exiger que le recyclage de ces déchets se fasse en Europe, et que l'on envoie pas ces matériaux en Chine ou dans d'autres pays ou la main d'œuvre travail dans des conditions proches de l'esclavage. Une remarque à propos du commentaire précédant sur la laideur et l'envahissement par les panneaux solaires.. En le lisant j'ai eu l'impression de me retrouver devant tous ces braves gens qui critique les éoliennes mais qui semble ne pas être déranger par les milliers de kilomètres de lignes électrique qui parcourt le pays, ni par ces immenses bâtiments ou sont produit l'énergie nucléaire, ni par les déchets de cette production qui vont faire la joie des générations futures (ca doit être ca le développement durable...). Ils seraient temps que nos concitoyens aient une approche sensées de ces problèmes. Que nous réfléchissions sur nos responsabilités personelles dans les dérives de nos sociétés et que nous regardions au delà de notre petit pré carré car il il y a certainement des choses pires que des panneaux solaires qui sont entrain de nous envahir.

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CHAHDIL Said | 09/02/2010 - 15H11

Il est temps d'agir. Collecter 65% des installations depuis 1990 et en recycler 85% est un objectif ambitieux et il créera de nouveaux emplois. Créer l'emploi dans le recyclage est un nouveau concept inhérent à la consommation et l'industrialisation de la matière brut, qui permettra de décélérer la pollution et de renforcer la politique verte des partisans de la protection de l'environnement. Avec un taux de déchet actuel de 4,6%, les industrielles et les politiciens ne sont pas encore convaincus des enjeux du recyclage des stations photovoltaïques ainsi leurs contribution financières et politique est très modeste. Et si pour une raison ou une autre, il y aurait moins de déchet? Ou les déchets ne seraient plus recyclables? ... Bref, une raison technique qui empêcherait le recyclage et qui ferait chuter le taux de déchet à moins de 4,6%. Le résultat serait : Pas de recyclage. Nous sommes encore une fois dans une démarche de réaction et pas d'anticipation. Bien que nous vivions dans une démocratie participative, ce sont les élites qui gardent le dernier mot et qui arrivent, avec leurs méthodes «démocratiques", à canaliser l'opinion publique vers l'intérêt personnel sous prétexte d'intérêt général. Il est grand temps de prendre au sérieux l’environnement et de se concentrer sur les moyens puisque la menace et le danger sont un fait. Il faudra commencer dés maintenant les études préalables sur la solution de recyclage, lancer des appels d’offres, financier les projets universitaires sur le sujet, sensibiliser la population sur l’opportunité du recyclage et cesser de traiter le problème de l’environnement comme un sujet de culture générale.

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QUOY Stéphane | 09/02/2010 - 15H07

ENFIN ! Une Energie renouvelable... Actuellement, c'est encore dépôt en Centre d'Enfouissement Technique lorsqu'il y a un problème. Il est PRIMORDIABLE que les centres de collecte de panneaux cassés ou usagés soient RAPIDEMENT recencés et utilisés. On ne voit déjà que trop de ceux-ci installés n'importent où et sans trop d'informations auprès des usagers à part le traditionnel "Vous ferez des économies tout en étant écolo" pour vendre et "donner bonne conscience".

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Sébastien METIVIER | 09/02/2010 - 15H03

rép.: recyclage... il est vrai que les terrils du nord ou autres amas de charbon sont beaucoup moins laids... oh, vous préferez peut-être le côté incolore et surtout très éloigné de vous des usine de retraitements de déchets radioactifs... éloigné car vous ne devez pas habité à proximité de ces centrales, ni même dans les puits d'enfouissement géologique de ces déchets radioactifs dont on ne sait que faire... bref : votre argument est ridicule... il rejoints la pauvreté des arguments d'Allègre de Cabrol et autres négationistes de l'histoire "actuelle"... pensez à vos enfants, pensez aux autres et vous soutiendrez un minimum les efforts faits pour changer le mix energetique actuel... dans l'attente, je vous plaints, tchao !

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Bonnot Agnès | 09/02/2010 - 14H19

Recyclage panneaux solaires Il me semble que le recyclage aurait dû être la première préoccupation pour ces panneaux solaires, laids, volumineux, faits de matières résistantes comme le plastique, qui vont nous envahir si rien n'est fait sérieusement et rapidement. Sinon ce sera le fléau des années futures.

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