En 2008, la qualité de l’air toujours mauvaise en Ile-de-France
Le 19 février 2009 par Victor Roux-Goeken
Airparif a présenté le bilan 2008 de la qualité de l’air en Ile-de-France. Si l’année passée n’a connu aucun épisode de pollution, les niveaux annuels demeurent insatisfaisants pour 4 polluants. L’association de surveillance de la qualité de l’air francilien a aussi présenté les résultats d’une étude sur l’exposition des cyclistes à la pollution de l’air.
«2008 est la première année où aucun épisode de pollution n’a donné lieu à un dépassement des niveaux d’alerte», a déclaré Philippe Lameloise, directeur de l’association de surveillance de la qualité de l’air francilien Airparif, à l’occasion d’une conférence de presse mardi 17 février. L’association francilienne présentait le bilan 2008 de la qualité de l’air en Ile-de-France.Une «performance» qui n’est due qu’à la météo de 2008 et qui n’aura pas duré longtemps, le seuil de dépassement pour les particules ayant été atteint le 1er janvier 2009. Et les niveaux annuels demeurent au-delà des seuils réglementaires pour 4 polluants: le dioxyde d’azote (NO2), les particules fines de 10 micromètres (µm) de diamètre (PM-10), l’ozone (O3) et le benzène. En janvier, une quinzaine de jours ont été particuliers mauvais sur le plan de la pollution aux particules, «avec des niveaux records», selon Philippe Lameloise.
Les valeurs limites pour les PM-10 sont dépassées, malgré les bas niveaux de pollution en 2008. 4 millions de Franciliens étaient potentiellement exposés en 2007, contre 1,3 en 2008. Quant aux PM-2,5, la future norme du Grenelle de l’environnement fixée à 15 microgrammes par mètre cube (µg/m3) est à peu près respectée pour 4 stations de mesure urbaines, mais pas sur le périphérique où elle est deux fois supérieure.
Si les concentrations de monoxyde d’azote (NO) près du trafic ont régulièrement baissé depuis 1994 (-39% entre 1994 et 2008), elles baissent moins vite depuis 2000 et pourraient tendre vers la stagnation. «Le renouvellement du parc automobile a porté ses fruits, mais les progrès s’essoufflent car de plus en plus de véhicules sont équipés de pots catalytiques», analyse le directeur d’Airparif. Il en va de même pour le NO2, dont les concentrations sont stables et demeurent deux fois supérieures à la valeur limite, fixée à 44 µg/m3.
2008 a aussi été une bonne année pour l’ozone, résultat dû au faible ensoleillement. L’objectif de qualité annuel pour la protection de la santé, de 120 µg/m3 en moyenne sur 8 heures, a été dépassé 10 jours. Quant au benzène, l’objectif de qualité français (2 µg/m3) n’a pas été respecté sur 1.000 km d’axes routiers. Mais les émissions restent inférieures à la valeur limite (7 µg/m3).
POUR ALLER PLUS LOIN
Dans la même rubrique
Bouter la voiture hors des villes
06/04/2011
Airparif présente un bilan 2010 mitigé
30/03/2011
L’US EPA veut abattre le mercure des centrales thermiques
17/03/2011
Forte pollution aux particules fines en Pays de la Loire
07/03/2011
La pollution urbaine réduit l’espérance de vie européenne
02/03/2011
Accord européen sur les émissions des camionnettes
15/02/2011





















