Employé dans l’assainissement, un métier à risque

Le 16 octobre 2007 par Agnès Ginestet
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De récents travaux montrent la spécificité des risques des égoutiers et des métiers de l’assainissement en général, en termes de maladies professionnelles et d’accidents du travail.

L'Office international de l'eau (OIE) a organisé le 2 octobre une journée consacrée à l'hygiène et sécurité en assainissement. Il a notamment été question des risques sanitaires encourus par les travailleurs et du recensement des arrêts et maladies dans ce secteur.

Ainsi, en 2004, l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) et le service de médecine professionnelle et préventive de la mairie de Paris ont réalisé une étude épidémiologique qui portait sur les égoutiers travaillant pour la section d'assainissement de Paris (SAP). L'évaluation de la morbidité (1) réalisée sur 205 personnes a montré une prévalence élevée de troubles musculosquelettiques (TMS) par rapport à une population non exposée, ainsi qu'un excès statistiquement significatif de symptômes respiratoires, digestifs et cutanés. Par exemple, la fréquence d'apparition de diarrhées était multipliée par 17. L'évaluation de la mortalité (2) a été faite dans le cadre d'une «cohorte» de 1.722 hommes. Selon le docteur Aziz Tiberguent, du service de médecine professionnelle et préventive de la mairie de Paris, elle a révélé une espérance de vie réduite de 5 ans par rapport à une population ouvrière témoin, un excès de mortalité par cancers (multiplication par deux des décès par cancer de l'oesophage par exemple), par maladies du foie ou encore par maladies infectieuses.

La surveillance médicale des égoutiers a donc été renforcée, et une formation spécifique a été mise en place pour améliorer la prévention. Une nouvelle étude épidémiologique sur 5 ans sera lancée à partir de 2008, incluant le recueil de questionnaires et la surveillance médicale renforcée (SMR). L'exposition aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et à l'hydrogène sulfuré (H2S) sera prise en compte pour évaluer les atteintes d'origine chimique.



Concernant les accidents du travail (AT), la caisse régionale d'assurance maladie d'Ile-de-France (Cramif) estime que l'indice de fréquence (soit le nombre d'AT avec arrêt divisé par le nombre de salariés) pour les métiers liés au captage, traitement et distribution d'eau (3) est inférieur à l'indice relatif à tous les secteurs professionnels confondus, mais qu'il est plus élevé pour les métiers de la catégorie épuration des eaux usées (4). Selon Eric Mazillier, ingénieur-conseil à la Cramif, il y a une «relative stabilité», voire une légère baisse du nombre d'AT avec arrêt dans les deux catégories depuis 2001.

«Peu de maladies professionnelles (MP) sont reconnues dans le domaine de l'assainissement», fait-il par ailleurs remarquer. En Ile-de-France, environ quatre ou cinq par an sont déclarées pour la catégorie captage, traitement et distribution d'eau, et trois pour l'épuration des eaux usées. «Les statistiques AT-MP de l'activité assainissement sont sous-évaluées», a cependant souligné Eric Mazillier. En effet, les salariés qui ne sont pas au régime général de la sécurité sociale ne sont pas recensés, contrairement à ce qui se pratique dans les activités dépendant des administrations locales territoriales.



(1) La morbidité représente le taux de maladies observé dans une population donnée. Elle s'exprime notamment par la prévalence, proportion de sujets malades par rapport à la population étudiée à un moment donné.

(2) “Mortality among Paris sewage workers”, P Wild et al., Occupational and Environmental Medicine 2006;63:168-172

(3) code NAF (Nomenclature d'activité françaises) 410ZA

(4) code NAF 900 AA





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