Empêtré, SNCF Réseau veut négocier

Le 04 juin 2020 par Victor Miget
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voie ferrée train
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Luc Lallemand, le nouveau PDG de SNCF Réseau a été auditionné mercredi 3 juin par la commission de l’Aménagement du territoire et du développement durable du Sénat. Le gestionnaire des voies ferrées françaises a prévenu, il lui sera difficile de tenir ses objectifs.

 

Entre travaux et équilibre budgétaire, l’équation s’annonce compliquée pour SNCF Réseau. Entendu mercredi par les sénateurs, Luc Lallemand, son nouveau PDG, a dressé un premier bilan post-covid. La pandémie pourrait coûter 700 à 800 millions d’euros de manque à gagner au gestionnaire, d’ici à 2022. «SNCF Réseau a vu ses recettes de péages fortement diminuer et a dû faire face au surcoût des travaux liées aux mesures prises dans le cadre du contexte sanitaire».

Budget insuffisant

Contexte qui transforme son principal chantier en l’un de ses principaux problèmes. A savoir, la régénération du réseau. Les deniers risquent de manquer pour entretenir les 33.900 km de voies ferrées. Pour l’heure, «la tendance au vieillissement du réseau a pu être stabilisée depuis 2012 pour les 'voies' (âge moyen 30 ans)», a rappelé le PDG. Mais on ne peut pas en dire autant des caténaires (29 ans) et de la signalisation (26 ans). Le retard sera difficile de rattraper à moins d’un budget repensé. «Le futur contrat de performance est crucial. Son enjeux sera de traduire un retour à l’équilibre et la régénération du réseau», a-t-il rappelé. Prévu initialement pour le printemps, les discussions débutent à peine.

En contrepartie d'une reprise de 35 milliards d'euros de dette, le gouvernement avait demandé à SNCF Réseau d'arriver à l’équilibre économique à partir de 2024. Le gestionnaire reste à plusieurs centaines de millions d'euros de l'objectif. «Pour atteindre cet équilibre, nous devons d’abord montrer l’exemple de la frugalité […] il faudra réaliser 1,6 milliard d’euros d’économies de coûts et de gains de productivité». Luc Lallemand a également plaidé en faveur d’un éventuel plan de relance. Afin de «préserver les investissements prévus au pacte ferroviaire» qui n'ont pas encore de financement, a rappelé Luc Lallemand.

Difficile équilibre

Des coups de pouces d’autant plus attendus que de nouvelles contraintes budgétaires pointent le bout de leur nez. En plus de l’impact de la Covid-19, «nous devrons absorber les surcoûts générés par la fin du glyphosate […] les ouvrages d’art, et les conséquences de la grève des retraites ». Soit au total, 100 millions d’euros par an.

Et les dessertes fines dans tout ça? Leur avenir demeure nébuleux. «Notre rêve et notre ambition c’est que l’ensemble des lignes puissent être opérables».  Mais pour «maintenir les 33.900 km de lignes […] immanquablement il faudra se poser la question du financement». A ce sujet, Luc Lallemand a rappelé que le secrétaire d’Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, était en discussion avec les régions. Le gestionnaire compte bien repenser sa relation partenariale avec ces collectivités. A comprendre, partager l’addition.