Emissions négatives: un optimisme à risque élevé?

Le 17 octobre 2016 par Romain Loury
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Le CSC, "panacée politique" selon les auteurs
Le CSC, "panacée politique" selon les auteurs

L’Accord de Paris repose-t-il trop sur la possibilité d’émissions négatives dans le futur? C’est la crainte qu’émettent deux climatologues, jeudi 13 octobre dans la revue Science: selon eux, se convaincre que ces technologies balbutiantes seront un jour opérationnelles à l’échelle mondiale revient à jouer avec le feu.

En vigueur le 4 novembre prochain après son adoption le 12 décembre 2015 par la CoP21, l’Accord de Paris fixe comme objectif une limitation à 2°C de la hausse de température, et si possible à 1,5°C. Un objectif ambitieux, qui fait appel aux «émissions négatives» au cours de la seconde moitié du XXIème siècle. Or les technologies qui permettraient d’y parvenir, en particulier celle de captage et stockage du carbone (CSC), sont encore bien éloignées d’une utilisation mondiale à grande échelle.

Dans un article publié dans Science, Kevin Anderson (Tyndall Center, université de Manchester) et Glen Peters (Centre de recherche international sur l’environnement et le climat à Oslo, CICERO) craignent même que ce concept d’émissions négatives, très largement cantonné au stade de la théorie pour l’instant, «n’enferme l’humanité dans son addiction au carbone». En cas de faillite, la planète pourrait bien se retrouver sur une trajectoire à 4°C, selon un scénario «business as usual».

Une excuse pour attendre

Pour les chercheurs, les modèles actuels «tiennent pour acquis que le coût du CSC au cours des prochaines décennies sera moindre que le coût actuel de l’atténuation: en retardant la nécessité d’une réduction rapide et immédiate des émissions, le CSC autorise la combustion en cours des énergies fossiles, tout en remplissant ostensiblement les engagements de l’Accord de Paris», ajoutent-ils.

Selon les chercheurs, il s’agit là d’un pari très hasardeux, car «il existe un risque élevé que ces technologies ne pourront pas être développées à l’échelle promise». «Ceci ne signifie pas qu’elles doivent être abandonnées, il est même très sensé de continuer la recherche, le développement et éventuellement le déploiement. Mais l’agenda d’atténuation doit se poursuivre selon l’idée qu’elles ne fonctionneront pas à l’échelle mondiale», concluent-ils.



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