Emissions de GES: des progrès fragiles et insuffisants

Le 02 février 2017 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Un objectif irréalisable sans CSC
Un objectif irréalisable sans CSC
DR

Si la croissance des émissions de gaz à effet de serre (GES) décélère bien, du moins pour celles liées au secteur de l’énergie, ces progrès demeurent très timorés, révèle une étude publiée dans Nature Climate Change. Sans un recours rapidement généralisé au captage et au stockage du carbone (CSC), les chances sont quasi-nulles d’atteindre les objectifs de Paris.

Depuis 2014, on assiste au niveau mondial à une stagnation, autour de 36 gigatonnes équivalent CO2 (GteqCO2), des émissions de GES provenant du secteur énergétique. Dans quelle mesure cette petite éclaircie présage-t-elle de l’atteinte, ou non, des objectifs de Paris, à savoir une hausse de température de 2°C entre l’ère pré-industrielle et  la fin du siècle?

Pour cela, il faudrait connaître l’origine de cette décélération: hausse des renouvelables, moindre part du charbon dans les énergies fossiles, ou baisse de la croissance économique? Dans une étude publiée dans Nature Climate Change, Glen Peters, du Centre international de recherche sur le climat et l’environnement d’Oslo (Cicero), et ses collègues ont utilisé l’équation de Kaya, qui permet de relier les émissions à des paramètres démographiques, économiques, énergétiques.

Grâce à cette méthode mathématique, il devient possible d’évaluer, pays par pays, les chances de chacun de respecter les objectifs de Paris, notamment en ramenant les émissions à un niveau nul d’ici à 2050, puis négatives dans la seconde moitié du siècle. Ce qui, selon leurs résultats, est bien loin d’être gagné.

Une baisse multifactorielle

Selon les chercheurs, la forte hausse des énergies renouvelables est certes responsable de la décélération actuelle, mais de manière bien moindre que la baisse du charbon (d’abord en Chine, mais également aux Etats-Unis), et surtout que la crise économique. Ce qui signifie qu’un retour à une meilleure prospérité pourrait faire repartir les GES à la hausse.

Selon les chercheurs, les évolutions de plusieurs indicateurs (notamment les renouvelables et la baisse du charbon) vont bien dans le sens d’une hausse de température limitée à +2°C. Mais les progrès encore nécessaires ne seront possibles qu’à moins d’une nouvelle accélération des renouvelables, et surtout d’un recours rapidement généralisé au CCS –des techniques encore bien loin d’être opérationnelles.

Dans un éditorial, le chercheur Christopher Green, du département d’économie à l’université McGill de Montréal (Canada), estime que «pour réduire les émissions de carbone de 80% entre maintenant et 2050, il faudrait une baisse annuelle de 5%. Cette nouvelle analyse suggère que nous ne sommes pas encore prêts, d’un point de vue technologique, à effectuer telles coupes dans nos émissions».



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus