Emissions de carbone: la déforestation très sous-estimée

Le 08 octobre 2014 par Romain Loury
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L'effet lisière, jusqu'à 25% de la déforestation
L'effet lisière, jusqu'à 25% de la déforestation

Il n’y a pas que la biodiversité qui pâtit de la fragmentation des forêts tropicales. Selon une étude publiée dans Nature Communications, elle pourrait aussi accroître l’effet de la déforestation sur les émissions de carbone.

 

De plus en plus fragmentées, les forêts tropicales se trouvent entourées de fragiles lisières, où les arbres sont soudain soumis à plus de lumière et de vent, ainsi qu’à une température plus élevée.

Dans une zone de 100 mètres, «la mortalité des arbres augmente, si bien qu’ils ne peuvent plus stocker autant de carbone que des arbres sains au centre d’une forêt», explique Sandro Pütz, du centre Helmholtz pour la recherche environnementale de Leipzig (Allemagne).

Or cet effet n’a jamais été pris en compte dans les émissions de carbone liées à la déforestation, notamment dans les calculs du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Il semble pourtant considérable, si l’on en croit l’étude publiée par Sandro Pütz et ses collègues.

Selon eux, l’effet lisière pourrait s’élever jusqu’à 0,2 gigatonne de carbone additionnelle par an au niveau mondial, soit 9% à 24% de plus que le seul abattage. Ce qui est à ajouter aux 4 gigatonnes de carbone relâchées chaque année dans l’atmosphère, dont un quart lié à la déforestation.

Plus de lisières, plus de carbone

Leur étude repose sur l’analyse de la forêt atlantique brésilienne et de la forêt amazonienne, qui ne recouvrent plus, respectivement, que 11% et 68% de leurs territoires historiques.

La première est éparpillée en 245.173 fragments d’une superficie moyenne de 64 hectares, et 46% de ses arbres se situent dans ces zones limitrophes. A l’opposé, l’Amazonie conserve, malgré toutes les agressions, de larges pans vierges: les chercheurs y recensent 77.038 fragments d’une taille moyenne de 8.376 hectares, seuls 7% de ses arbres se situant en lisière.

Utilisant le logiciel FORMIND, qui permet de calculer les pertes de carbone liées à la déforestation, les chercheurs stipulent que l’effet lisière ne devient significatif que lorsqu’une parcelle de forêt devient inférieure à 10.000 hectares.

Résultat, les émissions de carbone ne sont pas du tout les mêmes: pour la forêt atlantique brésilienne, elles s’élèvent à 430 kg de carbone par an, contre seulement 93 kg de carbone par an pour la forêt amazonienne. Bien que 40 fois plus petite que la forêt amazonienne, la Mata Atlântica libère seulement 9 fois moins de carbone.

Le Brésil n’est plus le leader mondial de la déforestation, une saignée qu’il semble enfin résolu à stopper. L’Indonésie lui a désormais ravi le trophée, et de loin: en 2012, le géant sud-asiatique a abattu 840.000 hectares, en particulier pour la production d’huile de palme, contre 460.000 hectares pour le Brésil.



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