Emission de GES: l’industrie française traîne la patte

Le 15 octobre 2014 par Romain Loury
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En léger progrès, mais très loin du compte
En léger progrès, mais très loin du compte
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Avec 2% de baisse en 2014 par rapport à 2013, le bilan des entreprises françaises en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre est maigre, et la transparence demeure rare, révèle le nouveau rapport du CDP (ex-Carbon Disclosure Project). Dix d’entre elles figurent dans la liste A, celle des plus vertueuses en la matière.

Bilan très en demi-teinte que celui publié mercredi 15 octobre par le CDP, dont l’objectif est d’encourager les efforts des industriels afin de réduire leurs émissions de GES. Cette année, 187 grandes entreprises mondiales, dont BMW, Samsung Electronics et Unilever, figurent dans la catégorie la plus vertueuse, celle des «leaders de performance 2014».

Selon le rapport France, 10 entreprises françaises parmi les 98 ayant répondu (250 ont été interrogées) font partie de cette «liste A», notation la plus élevée. Il s’agit d’Atos, du groupe Steria, de L'Oréal, d’Orange, de Schneider Electric, de Kering, de Cap Gemini, de Danone, de Renault et de Thales, ces cinq dernières y faisant leur première entrée.

Par rapport à 2013, «on constate une augmentation du nombre d’initiatives chiffrées, attestant d’une meilleure maîtrise de l’impact des actions de réduction. L’essentiel des initiatives de réduction des émissions porte sur l’efficacité énergétique, plus facilement mises en œuvre que celles liées, par exemple, au changement des comportements» du consommateur, note le CDP.

Mais dans l’ensemble, on est très loin du compte: pour les 98 entreprises répondantes, les émissions de CO2 ont baissé de 15,8 millions de tonnes équivalent CO2 en 2014, soit seulement 2% des 737 millions de tonnes équivalent CO2 qu’elles dégagent.

Un effet «trompe-l’œil»

Cette modeste amélioration constitue de plus un «trompe-l’œil», estime le CDP, selon qui elle est avant tout liée aux cinq plus grands émetteurs de CO2 (Arcelor Mittal, GDF Suez, Lafarge, EDF et Total), responsables de 76% des émissions.

«Total justifie une baisse de 2 points de ses émissions par son désengagement dans le secteur des engrais. Lafarge évoque des mesures de réduction d’émissions, mais également une baisse notable de son activité. La diminution des émissions de GDF Suez est liée à des mesures de réduction d’émissions, mais également à la fermeture d’usines fortement émettrices de gaz à effet de serre et à la réduction de son périmètre de déclaration (sortie de Suez Environnement)», explique le CDP. Quant à Arcelor Mittal et EDF, leurs émissions ont augmenté de 2,6% et 1,8%.

Parmi les 20 plus gros émetteurs français de GES, 14 déclarent ne pas avoir réduit leurs émissions en 2014, et 8 les ont même augmenté. Au rythme qu’elles ont suivi ces 3 dernières années, elles ne parviendraient à réduire leurs émissions que de 9% d’ici 2050, contre 50% au regard de l’objectif Facteur 4 (-75% entre 1990 et 2050).

Autre problème relevé par le CDP dans son rapport mondial, le court-termisme affiché par les entreprises: «les cibles de réduction des émissions de GES vont rarement au-delà de 2016-2017, ce qui suggère un manque de stratégie à long terme». Les projets sont en revanche calibrés sur une plus longue durée, d’une moyenne de 12 ans, note le CDP.

Parmi les grands absents de cette édition 2014, Areva, Bolloré et Bull n’ont pas daigné répondre au questionnaire du CDP. Au niveau mondial, plusieurs entreprises renâclent aussi à transmettre leurs données, dont Amazon. Malgré une amélioration du recueil de données, «un long chemin reste à parcourir en matière de transparence et de partage d’informations sur leur stratégie climat», note le CDP.



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