Emballages: un perturbateur endocrinien fait débat

Le 20 avril 2005 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
bisphenol
bisphenol

De nouvelles études scientifiques sur le bisphénol A, un perturbateur endocrinien présent dans les emballages alimentaires, provoquent le débat outre-Atlantique. Au sein de l'Union européenne, le débat est plus calme, les chercheurs se voulant rassurants.

Depuis plusieurs années, le bisphénol A (BPA) est connu comme un perturbateur endocrinien, c'est-à-dire une substance qui, interférant avec les fonctions du système hormonal, risque d'influer négativement sur les processus de synthèse, de sécrétion, de transport, d'action ou d'élimination des hormones. Un commentaire que vient de publier (1) le chercheur américain Frederick Vom Saal, de l'université du Missouri, a fait beaucoup de bruit aux Etats-Unis: 94 des 115 études publiées sur la substance établissent des effets significatifs sur les rats ou les souris. Or le BPA est présent dans les emballages alimentaires en plastique et les boîtes de conserve pour éviter la corrosion au contact des aliments. Il est donc en contact direct avec l'alimentation humaine et animale. Toutefois, l'industrie du plastique nie tout risque sanitaire, se reposant sur les décisions de la Food and drug administration américaine (USFDA) et de la Commission européenne de ne pas interdire cette substance.

«Le bisphénol A a bien des effets féminisants, confirme Patrick Balaguer, chercheur à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Mais le risque n'apparaît qu'à de très fortes doses.» Or les composés chimiques des emballages doivent théoriquement répondre à une limite de migration vers les aliments très faible. «C'est pourquoi les travaux menés dans le cadre du réseau Cascade (2) consistent principalement à mettre au point une technique de détection pour mesurer les concentrations présentes dans l'alimentation», indique Patrick Balaguer. Ce qui permettra de vérifier la limite de migration de chaque contaminant alimentaire potentiel.

Cependant, de nouvelles études pourraient changer la donne. Outre un effet sur le système endocrinien, des études montrent un possible lien entre une exposition au bisphénol A et l'apparition de cancers du sein. Des chercheurs américains du Centre d'étude des cancers Fox Chase a montré que le BPA et le BBP (2) sont des oestrogènes environnementaux capables d'affecter l'expression d'un gène dans les glandes mammaires des jeunes rates, exposées aux substances par le lait de leur mère. Or les oestrogènes semblent jouer un rôle important dans le développement du cancer du sein. L'Europe aussi étudie cette possibilité.



(1) Commentaire dans la revue Environmental health perspectives

(2) Le réseau Cascade appartient au sixième programme-cadre de recherche de l'UE et porte sur le bisphénol A, la génistéine, la vinclozoline et les dioxines

3) Phtalate de butylbenzyle




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus