Emballages: les trouvailles toxiques de la DGCCRF

Le 20 juin 2017 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Du BPA ailleurs que dans les boîtes de conserve.
Du BPA ailleurs que dans les boîtes de conserve.
DR

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a analysé des ustensiles de cuisine, des boîtes à goûter, des coupelles en céramique et y a détecté des substances interdites ou à des concentrations trop élevées. La faute, notamment, à une mauvaise information tout au long de la chaîne, pour des produits souvent fabriqués loin de la France.

Ce sont des produits choisis au hasard par la DGCCRF dans les stocks des responsables de la première mise sur le marché de matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires (MCDA), les grossistes et les détaillants. En 2015, les agents de Bercy ont ainsi visité 894 de ces établissements et réalisé 1.895 actions de contrôle, afin de vérifier l’aptitude de ces matériaux et le respect de la réglementation qui leur est applicable. En tout, 10% des 313 échantillons testés ont mis en lumière des migrations d’éléments chimiques.

Attention aux mentions trompeuses. Les enquêteurs ont pu relever des allégations laissant croire aux consommateurs à une origine française, locale ou ‘écologique’ des articles commercialisés et souvent sans justification. Cette pratique est susceptible de relever d’une tromperie ou d’une pratique commerciale trompeuse, prévient Bercy.

Des phtalates dans les bocaux en verre

Si les essais effectués sur 4 biberons, un bac à biberons et sur différentes parties de ces produits ont démontré l’absence de Bisphénol A, il n’en a pas été de même pour trois échantillons d’emballages en matière plastique. Une louche en nylon dépassait la limite en amines aromatiques primaires, un phtalate interdit a été détecté dans une boîte à goûter et les enquêteurs ont constaté une migration du colorant pour une pince à cuisine jaune. Parmi 51 prélèvements effectués sur des articles de table, plats, pots, coupelles et verrines, 11 non conformités à la réglementation ont été relevées et 10 échantillons ont été jugés dangereux, à la suite de migration d’aluminium dépassant le niveau maximum admissible. Une recherche exploratoire du baryum a démontré que 8 articles en céramique (billes de cuisson, plat à tajine, gobelets, cassolette, coupelle) présentaient des migrations significatives. Enfin, dans des denrées grasses conditionnées dans des bocaux en verre, ce sont des phtalates qui ont été mesurés, notamment dans les bocaux munis d’un couvercle avec un joint en caoutchouc.

Produits venus de loin, peu d’informations

Les fabricants connaissent la règlementation, assure la DGCCRF. Là où le bât blesse, c’est du côté des importateurs/introducteurs d’articles en matières plastiques, qui ignorent à peu près tout des procédés de fabrication, de la composition des matériaux et des essais d'inertie effectués par leurs fournisseurs. C’est d’autant plus vrai pour les petites entreprises du secteur agro-alimentaire, qui doivent se contenter le plus souvent des informations figurant sur l’étiquetage, quand leurs concurrents de grande taille connaissent la réglementation, suivent les produits de leurs fournisseurs et établissent des cahiers des charges. «Les distributeurs se reposent souvent sur leurs fournisseurs ou sur leurs centrales d’achat. Le constat est le même pour les articles vendus dans des foires ou sur internet», déplore la DGCCRF. A bon entendeur.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus