Elgin: souffler la torche puis forer le sous-sol

Le 30 mars 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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200.000 m3 de gaz fuient chaque jour.
200.000 m3 de gaz fuient chaque jour.

Total met en œuvre deux interventions «en parallèle» pour stopper la fuite de gaz sur sa plate-forme du champ d'Elgin en mer du Nord, a indiqué, vendredi 30 mars, un responsable du groupe français lors de sa première conférence de presse, à Aberdeen (Ecosse).

«Nous avons lancé deux actions principales qui progressent en parallèle: la première vise à étouffer le puits à partir d'une base flottante, la seconde consiste à forer deux puits de dérivation», indique Philippe Guys, directeur de la branche Exploration au Royaume-Uni.

Dans les deux cas, il s'agit d'arrêter la fuite. Dans le premier cas directement, en injectant des boues à haute densité, si les conditions de sécurité permettent d'approcher la plate-forme. A défaut, deux puits de dérivation seront forés pour soulager la pression du gaz et permettre l'injection des boues pour sceller le puits.

«Pour cela, nous avons suspendu les opérations de deux de nos appareils de forage pour les rendre disponibles, pour travailler sur les puits de dérivation», a précisé Philippe Guys.

La fuite prend son origine environ 1.500 mètres au-dessus du réservoir principal en activité, à 5.500 m en dessous du niveau de la mer, soit à 4.000 m de profondeur, ajoute-t-il. Le gaz à haute pression s'échappe à hauteur de la plate-forme.

Le danger serait que ce gaz, qui se répand en mer sous forme de condensat ou de nuage volatil, entre en contact avec la torchère qui brûle le gaz résiduel resté dans la plate-forme après son arrêt et son évacuation totale par Total dimanche.

Le pétrogazier espère que la torchère s'éteindra spontanément. Les vols de surveillance, effectués jeudi, ont montré un affaiblissement de la flamme, selon la compagnie.

Confirmant une information publiée par la presse écossaise, Philippe Guys explique que les premiers problèmes sur le puits G4 (un puits obturé) de la plate-forme ont été décelés le 25 février. Le groupe a alors injecté des boues pour étouffer le gaz. «Pendant ce processus, le 25 mars, nous avons observé une forte augmentation de la pression suivie d'expulsion de boues et de gaz.»

A la suite de l'incident en février, le groupe a vérifié tous ses autres puits sur le champ d'Elgin, et aucun n'a montré d'anomalie, a-t-il précisé. «Nous ne nous attendons pas à des problème sur d'autres puits.»

Le groupe a conservé «quelques effectifs» sur une plate-forme voisine à des fins de surveillance, selon lui, la situation ne présentant pas de danger pour eux à cette distance.

Pour sa part, le ministère britannique de l'énergie avait estimé peu avant la conférence de presse que l'extinction de la torchère était «une priorité» pour Total.

«Tant qu'elle brûle, la torchère pose un risque et Total envisage plusieurs options pour l'éteindre, si elle ne s'éteint pas tout seule», affirme un communiqué du ministère, énumérant trois options: utiliser un hélicoptère pour arroser la flamme avec de l'eau ou un autre produit; utiliser les bateaux de lutte contre les incendies positionnés sur la zone; injecter de l'azote, ce qui suppose d'accéder en toute sécurité à la plate-forme.

Selon le ministère, les vols de surveillance montrent une extension de la nappe d'hydrocarbure à la surface de la mer, d'une surface de 22 kilomètres sur 4,5 km, avec un volume de condensat de gaz dans l'eau de 3,8 tonnes. «Le ministère considère qu'il n'y a toujours pas de risque substantiel pour l'environnement», indique le communiqué.



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