Elevage: les antibiotiques critiques enfin moins utilisés

Le 05 novembre 2014 par Romain Loury
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Chez les bovins, une exposition en baisse de 6,6% en un an
Chez les bovins, une exposition en baisse de 6,6% en un an

L’exposition des animaux aux antibiotiques a encore baissé en 2013, atteignant même son minimum depuis le début de la surveillance en 1999, selon le nouveau bilan annuel de l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV). Signe encourageant, l’exposition aux antibiotiques critiques, tels que céphalosporines et fluoroquinolones, accuse pour la première fois un recul.

A ce rythme-là, le principal objectif du plan Eco-antibio 2017, celui de réduire de 25% l’usage animal des antibiotiques entre 2012 et 2017, a de bonnes chances d’être atteint. Entre 2012 et 2013, l’exposition des animaux [1], toutes espèces confondues, à ces médicaments a en effet diminué de 7,3%, en baisse continue depuis 2007.

L’exposition est même inférieure de 5,5% au niveau de 1999, première année de la surveillance par l’ANMV [2]. Cette baisse est observée chez toutes les espèces, aussi bien les bovins, les volailles et les porcs que les carnivores domestiques (chiens et chats). Seule exception, les lapins, dont l’exposition aux antibiotiques a augmenté de 3,6% dans le même temps.

Grande première, l’exposition aux antibiotiques jugés critiques pour la santé humaine connaît enfin une diminution. Celle aux céphalosporines de troisième et quatrième générations a reculé de 9,8% entre 212 et 2013, celle aux fluoroquinolones de 1,5%. Au cours des 5 dernières années, elle a augmenté respectivement de 14,1% et de 0,4%.

Cette amélioration concerne là aussi toutes les espèces, sauf les porcs pour les fluoroquinolones (+1,6%), et surtout les carnivores domestiques, où leur utilisation a explosé en un an: +25% pour les céphalosporines, +12,2% pour les fluoroquinolones! Une hausse que l’ANMV impute à l’arrivée de médicaments génériques.

Moindre usage préventif

Autre constat, la baisse des antibiotiques oraux se poursuit: depuis 5 ans, leur usage a diminué de 24,3%. Principale raison, le moindre recours aux pré-mélanges médicamenteux utilisés en prévention (-45,9% en 5 ans). Accusés de favoriser l’antibiorésistance, ces produits devraient bientôt être interdits par l’Union européenne (voir le JDLE).

Egalement sous l’égide de l’Anses, le réseau Resapath fait aussi état de résultats plutôt positifs pour l’antibiorésistance: celle aux céphalosporines, qui concerne surtout Escherichia coli, connaît une baisse chez toutes les espèces, sauf les chats et les bovins adultes –elle est en baisse chez le veau. Même tendance pour les fluoroquinolones, à l’exception d’une augmentation chez la volaille et le chien.

[1] L’exposition des animaux constitue un indice plus parlant que les ventes d’antibiotiques (699 tonnes en 2013): elle tient compte de l’évolution de la population animale, de la posologie et de la durée d’administration des antibiotiques -toutes deux réduites avec les médicaments plus récents.

[2] L’ANMV est placée sous l’égide de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses).



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