Elevage: des antibiorésistances qui persistent

Le 26 septembre 2012 par Romain Loury
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Les porcs élevés sans antibiotiques sont aussi porteurs d'une résistance aux traitements
Les porcs élevés sans antibiotiques sont aussi porteurs d'une résistance aux traitements

Les porcs élevés sans antibiotiques sont aussi porteurs de Campylobacter résistant à ces traitements, selon une étude américaine suggérant le rôle de réservoir joué par l’environnement.

Face à la montée des résistances aux antibiotiques, un nombre croissant de producteurs américains de porc se tournent vers le bio, sans recourir à ces médicaments, explique la North Carolina State University dans un communiqué. Leur espoir: une fois libérés de la «pression de sélection» des antibiotiques, les pathogènes perdront leur résistance.

Or l’étude publiée dans la revue PLoS ONE par l’équipe de Siddharta Thakur, basée dans cette université américaine, pourrait hélas les détromper. Selon l’analyse de 30 fermes «conventionnelles» et 8 bio, pour un total de 200 isolats bactériens séquencés, ce sont les mêmes souches de Campylobacter coli, portant les mêmes résistances, qui sont retrouvées de part et d’autre.

«Les souches de Campylobacter coli résistantes aux antibiotiques sont capables de persister et de se disséminer, en l’absence de toute pression de sélection liée à ces antibactériens», commentent les chercheurs. D’où l’idée que l’environnement lui-même constitue un réservoir de bactéries antibiorésistantes.

«Si c’est l’environnement lui-même, et non le porc, qui agit comme réservoir de Campylobacter coli, nous continuerons probablement à découvrir des populations bactériennes résistantes, quel que soit l’usage qu’un producteur fait des antibiotiques», ajoute Siddharta Thakur.

L’antibiorésistance, menace pour la santé humaine en ce qu’elle compromet l’efficacité de médicaments également utilisés chez l’homme, est un problème particulièrement vif aux Etats-Unis. Contrairement à l’Union européenne, les antibiotiques y sont encore utilisés comme promoteurs de croissance des animaux.

Actuellement en cours de discussion au Parlement européen, un projet de résolution appelle la Commission à les restreindre à un usage thérapeutique, pour en bannir l’usage prophylactique, c’est-à-dire à de faibles doses utilisées en prévention des maladies.

http://www.plosone.org/article/fetchObjectAttachment.action;jsessionid=E3EDE231BF3A02E577AFCBD3494E8D07?uri=info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0044662&representation=PDF



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