Electrosensibilité: l’Anses met en consultation son rapport

Le 29 juillet 2016 par Marine Jobert
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Les électrosensibles, objets d'un rapport de l'Anses.
Les électrosensibles, objets d'un rapport de l'Anses.
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C’est une expertise très attendue que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) met en consultation. Son objectif: cerner au plus près les difficultés, controversées mais bien réelles, des personnes qui disent souffrir de l’exposition aux ondes.

Aller aussi loin que possible dans la connaissance de l’hypersensibilité électromagnétique (EHS)[1]. C’est l’ambition affichée par l’Anses, qui vient de mettre en consultation jusqu’au 30 septembre un rapport d’expertise pré-définitif, afin de recueillir les commentaires des membres de la communauté scientifique et des parties prenantes intéressées. Principalement basée sur la littérature scientifique, cette expertise collective a dû, étant donnés «la complexité du sujet, les limites de nombreux articles scientifiques, l’absence d’études sur certaines questions, ainsi que les controverses qui résultent de ces difficultés», aller également piocher auprès des expériences de terrain. Des médecins hospitaliers et généralistes, des associations et collectifs de citoyens, ainsi que des élus et des chercheurs ont donc été auditionnés pour tenter de mieux cerner ces symptômes de plus en plus répandus, dans une société où le taux de pénétration du téléphone mobile[2] atteignait 119,2% au 30 juin 2014.

Faute de données à ce jour, l’impact des objets connectés (dont le compteur communicant d’électricité Linky, qui utilise le courant porteur en ligne), du point de vue sociologique et de l’exposition, n’a pas été étudié et fera l’objet d’un rapport ultérieur, indique l’agence. En 2025, l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe (Idate) prévoit qu'il y aura 155 milliards d’objets connectés.

Définition de l'EHS

Défricheuse, l’Anses s’est posée une cascade de questions. Et d’abord celle de cerner avec précision le sujet: comment définir l’EHS? Quels sont les symptômes dont souffrent les personnes atteintes et quels critères diagnostiques pourraient-ils être proposés? Quels sont les éléments caractéristiques de leur parcours? Quelles sont les hypothèses susceptibles d’expliquer l’origine des troubles ressentis par les malades?

Récepteurs spécifiques?

Une approche plus médicale a privilégié la question des interactions connues entre les champs électromagnétiques et l’être humain. L’organisme humain dispose-t-il de détecteurs ou de récepteurs spécifiques aux champs électromagnétiques, s’est interrogée l’agence. L’exposition aux champs électromagnétiques provoque-t-elle les symptômes fonctionnels de l’EHS ou des modifications biologiques, physiologiques, cognitives ou psychosomatiques mesurables (études de provocation)?

Prise en charge médicale des EHS

L’Anses n’a pas négligé la dimension sociologique, s’interrogeant sur la façon dont la question de l’EHS était traitée par les différentes parties prenantes (professionnels de santé, pouvoirs publics, associations et médias). La question de la prise en charge médicale des EHS et de son efficacité est également posée. Existe-t-il des traitements, s’est demandé l’Anses. Que peut-on dire scientifiquement des protections anti-ondes mises sur le marché et de leur efficacité?

Etudes cliniques

Les publications scientifiques analysées sont principalement des études cliniques, portant sur des groupes restreints de sujets sélectionnés en vue soit de décrire la symptomatologie fonctionnelle, soit de rechercher des marqueurs, soit d’identifier des mécanismes physiopathologiques. Les quelques études animales existantes exploitées ont permis une approche plus ‘mécanistique’ (stress oxydant ou perméabilité de la barrière hémato-encéphalique par exemple). Des études épidémiologiques, portant sur des échantillons de la population générale ou EHS, ont également été prises en compte, ainsi que des études utilisant les concepts et méthodes des sciences humaines et sociales.

 



[1] Ou électro (hyper)sensibilité, intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques ou sensibilité aux dispositifs ou appareils de communication sans fil sont les plus communs.

[2] Calcule? comme le ratio de l'ensemble des cartes SIM en service sur la population.

 



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