Electroménager: des consommations énergétiques sous-évaluées

Le 22 juin 2017 par Stéphanie Senet
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Les lave-vaisselle sont uniquement testés au travers du programme le plus économique
Les lave-vaisselle sont uniquement testés au travers du programme le plus économique

Le Bureau européen de l’environnement (BEE) a dévoilé une étude, le 21 juin, montrant que de nombreux produits électroménagers consomment en réalité plus qu’indiqué par leur étiquette Energie.

 

Les tests menés pendant 18 mois par la fédération européenne, qui regroupe une centaine d’associations, ont été réalisés sur des réfrigérateurs, des lave-vaisselle et des téléviseurs. Ceux-ci montrent qu’il existe une différence notable entre les consommations énergétiques affichées et les consommations réelles.

 

Tests inadaptés

En cause, plusieurs systèmes d’évaluation qui apparaissent inadaptés. La consommation des lave-vaisselle est seulement évaluée en mode ‘économique’, peu utilisé au quotidien. Résultat: un gain en sobriété énergétique pouvant atteindre 30 voire 50% par rapport à une utilisation ‘réelle’. Les réfrigérateurs, eux, sont évalués toutes portes fermées. Et sans que jamais les bacs ne soient chargés d’aliments. En procédant à ces opérations, le BEE a trouvé des consommations énergétiques supérieures à l’étiquette.

Deuxième grief: des tests s’avèrent incompatibles avec certaines avancées technologiques. Par exemple, les téléviseurs sont testés avec le visionnage d’un clip datant d’il y a 10 ans. Si les clips étaient réactualisés, avec remise à niveau des logiciels, la consommation d’énergie serait accrue d’un tiers.

Autre manquement: certains tests ne sont pas assez précis, comme celui dédié aux réfrigérateurs qui ne prend pas en compte les volumes des appareils. Ce qui peut provoquer de forts écarts entre les consommations réelles et affichées.

 

Ces détails qui changent tout

Logiquement, les associations formulent 6 recommandations dont la principale vise à réformer les tests pour mieux les adapter aux conditions réelles d’utilisation des appareils. Parmi elles: intégrer l’ouverture des portes des réfrigérateurs, d’autres programmes de lave-vaisselle, de nouveaux clips pour les téléviseurs.

Le BEE demande aussi aux fabricants de mieux informer les consommateurs sur les usages les moins énergivores des appareils et propose de rendre obligatoire l’échange d’informations entre les autorités nationales de surveillance.

 

Une information faussée

«Tout est fait pour que les résultats soient les plus positifs possible», dénonce Benoît Hartmann, directeur général du CLER, qui est membre du BEE. «L’information est faussée pour le consommateur», poursuit-il. De son côté, le groupement français des fabricants d’électroménager (Gifam) affirme ne pas être réfractaire à ce que les normes évoluent, mais rappelle que les processus sont longs et extrêmement techniques.

Par ailleurs illisible, l’étiquette Energie est en voie de réforme au niveau européen pour revenir à un classement des produits entre A et G et non plus entre A+ et A+++. Dernière étape en date, les eurodéputés ont trouvé, le 14 juin, un compromis avec le Conseil. 15 groupes de produits seront concernés, dont les téléviseurs, les réfrigérateurs et les machines à laver.



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