Electricité: Rugy fait (presque) du Royal

Le 13 février 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le ministre de la transition écologique repousse la hausse des TRVE.
Le ministre de la transition écologique repousse la hausse des TRVE.
VLDT

Le gouvernement décale de plusieurs mois la hausse des tarifs régulés de vente d’électricité, demandée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). La facture du printemps risque d’être très douloureuse.

 

A plusieurs reprises, Ségolène Royal s’y est essayée. Au nom de la défense du pouvoir d’achat des Français, l’ex-ministre en charge de l’énergie avait refusé de rehausser les tarifs régulés de vente d’électricité (TRVE), jetant ainsi au panier les demandes de la CRE. A chaque fois, le conseil d’Etat a déjugé la ministre, obligeant EDF à procéder à quelques hausses rétrospectives. De quoi singulièrement énerver les 26 millions de clients de l’électricien et autres fournisseurs d’électrons.

hausse décalée au printemps?

François de Rugy est-il tenté de s’engager dans cette voie? Ce n’est pas tout à fait impossible. Dans un communiqué publié mardi 12 février, le ministre de la transition écologique indique que le gouvernement n’appliquera pas de hausses tarifaires, prévues au 1er janvier, «tant que la période de chauffe hivernale ne sera pas terminée». La hausse devra donc attendre le printemps.

du gros au détail

Dans une délibération du 7 février, le régulateur des marchés français de l’énergie et du carbone avait demandé au gouvernement d’augmenter les TRVE, en moyenne de 6%. Pour la CRE qui légalement fixe ces tarifs, il s’agit de répercuter sur le marché de détail l’évolution des prix de gros de l’énergie en Europe, et de l’Arenh[1] en France.

cumul de hausses

Le printemps promet donc d’être douloureux. Car, à la hausse décalée par le gouvernement, il faudra ajouter le surcoût généré par la nouvelle façon de fixer les tarifs régulés. Outre la prise en compte des prix de marché de gros et de ceux de l’Arenh, la nouvelle feuille de calcul devra intégrer le coût des certificats d’économie d’énergie (qui a doublé entre janvier 2017 et 2018) et du marché de capacité. Pour le Comité de liaison des entreprises consommatrices d’électricité, la hausse des TRVE devrait atteindre 8 à 10%. Inimaginable dans le contexte actuel!



[1] Arenh: accès régulé à l’énergie nucléaire historique

 



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