Electricité: risque de pénurie dès l’hiver 2015

Le 10 septembre 2014 par Stéphanie Senet
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Pénurie en vue
Pénurie en vue

Comme la Belgique, la France pourrait connaître une pénurie d’électricité dès l’hiver 2015, a alerté le Réseau de transport d’électricité (RTE), ce 10 septembre, lors d’une conférence de presse à Paris.

Dressant le bilan prévisionnel de l’équilibre entre l’offre et la demande, à moyen et long terme, le président de RTE Dominique Maillard a mis en garde le gouvernement contre un risque de dégradation de l’approvisionnement en électricité entre les hivers 2015 et 2018.

 

Si l’alerte avait déjà été donnée en 2010 par RTE, les déficits s’amplifient. «En cas de vague de froid décennale[1], le déficit devrait atteindre 900 mégawatts dès l’hiver 2015, 2.000 MW lors de l’hiver 2016 et encore 800 MW pour l’hiver 2017», explique Dominique Maillard.

 

Ce risque de pénurie est surtout lié aux nouvelles normes européennes sur les centrales à charbon et au fioul, qui rendront plusieurs installations obsolètes au 1er janvier 2016 et au 1er janvier 2017, ainsi qu’à la mise sous cocon de trois cycles combinés au gaz, annoncée par les producteurs au nom de la rentabilité. A noter que les prévisions de RTE tiennent compte de l’arrêt, fin 2016, des deux réacteurs nucléaires de Fessenheim, du démarrage de l’EPR début 2017 ainsi que des importations issues des interconnexions. La production d’électricité provenant du parc éolien offshore, elle, ne complètera l’offre qu’en 2019.

 

Le pays le plus thermo-sensible d’Europe

 

Il faut dire que la France est le pays le plus thermo-sensible d’Europe, en raison de sa dépendance historique au chauffage électrique. «1°C de moins, c’est une consommation électrique accrue de 2.400 MW», résume Dominique Maillard.

 

Le gouvernement prendra-t-il la mesure de l’urgence? RTE préconise trois types de solutions à prendre d’ici deux ans. A commencer par la mise en œuvre d’un «mécanisme de capacité» : il s’agit d’obliger les producteurs à assurer à l’avance qu’ils disposent des moyens de satisfaire les besoins de leurs clients en électricité (par leur propre production ou par des importations). Deuxième possibilité: la mise aux normes des centrales à charbon et au fioul qui permettrait de récupérer 3.800 MW, tandis que le retour à l’exploitation des trois cycles combinés au gaz produirait de 1.300 à 1.700 MW. Enfin, des mesures d’effacement permettraient de gagner plusieurs milliers de MW, selon les conditions mises en œuvre.

 

A plus long terme, RTE rappelle qu’il va falloir au moins doubler les capacités d’interconnexion en 2030 pour répondre à l’évolution de la consommation, et importer entre 20.000 et 30.000 MW supplémentaires selon 4 scénarios plus ou moins sobres. Mais les pays voisins pourront-ils répondre à la demande? Ce ne sera pas le cas de la Belgique, qui va manquer de courant dès l’hiver prochain



[1] A la probabilité d’un sur dix

 



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