Electricité: les renouvelables n’ont pas encore gagné

Le 09 février 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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On a installé près de 13 GW d'éoliennes, l'an passé, en Europe.
On a installé près de 13 GW d'éoliennes, l'an passé, en Europe.
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Les dernières statistiques des renouvelables électriques européennes sont excellentes. Mais les énergies fossiles n’ont pas encore dit leur dernier mot.

Les promoteurs des énergies vertes peuvent se montrer satisfaits. L’année passée est sans doute l’une des plus belles qu’a connues le secteur européen des énergies renouvelables.

Fin 2015, les électriciens disposaient d’une capacité installée verte de 390 gigawatts[1], soit 43% des capacités installées électriques. «En un an, souligne Giorgio Corbetta, analyste pour l’association européenne de l’énergie éolienne (Ewea), ce sont donc 20,7 GW de capacités renouvelables qui ont été raccordées».

Dit autrement, les deux tiers des nouvelles centrales démarrées l’an passé étaient actionnées par le vent (44,2%) ou le soleil (29,4%). A noter toutefois que plus de 22% des nouvelles centrales mises à feu en Europe en 2015 brûlent du charbon (16,3%) ou du gaz (6,4%).

Dans les renouvelables, l’éolien se taille la part du lion: 12,8 GW, loin devant le photovoltaïque 8,5 GW, l’hydraulique (238 mégawatts) ou la biomasse (232 MW). Avec 142 GW de puissance totale installée, l’énergie éolienne représente 16% du mix électrique du Vieux monde. «L’an passé, 26,4 milliards d’euros ont été investis dans l’éolien. Les investissements ont clairement basculé des énergies conventionnelles aux renouvelables», insiste Ariola Mbistrova, analyste financière pour l’Ewea.

Est-ce si sûr? Pas totalement. Car les énergies fossiles n’ont pas dit leur dernier mot. En 2015, les électriciens européens ont mis à feu 4,7 GW de centrales à charbon et 1,8 GW d’installations tournant au gaz.

Sur la durée, les statistiques sont encore plus inquiétantes. En 2000, l’Europe disposait de 286 GW de centrales thermiques à flammes, soit 53% du parc total. Quinze ans plus tard, la puissance installée du parc fossile flirtait avec les 385 GW. Soit 99 GW de plus, mais 31% du parc seulement. Contrairement aux idées reçues, le charbon n’a pas reculé, mais progressé de 20% (en puissance installée). Le parc de centrales au gaz est passé de 91 à 192 GW. Seules les chaudières au fioul ont diminué de moitié.

Selon l’étude Changement climatique et électricité[2] (la seule actualisée chaque année depuis 14 ans), les rejets annuels de CO2 des principaux électriciens ont diminué de 63 millions de tonnes de CO2, passant de 733 Mt en 2001, à 760 Mt en 2013. Une baisse des émissions imputable non seulement à la montée des ENR, mais aussi au remplacement de centrales au charbon par des unités au gaz.



[1] 142 GW éoliens, 141 GW hydrauliques, 95 GW photovoltaïques, 12 GW de biomasse, 0,8 GW de géothermie et 0,2 GW d’énergies marines.

[2] conjointement réalisée par PWC et le quotidien Enerpresse

 



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