Plus verte, l'électricité française émet plus de CO2

Le 14 février 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le parc éolien français progresse rapidement.
Le parc éolien français progresse rapidement.
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Paradoxe. Plus le système électrique français se décarbone, plus il émet de CO2. Explications.

Le parc de production d’électricité tricolore poursuit sa mue. Publié ce mercredi 14 février par RTE, le bilan électrique pour 2017 montre une baisse des capacités de production au fioul et au charbon et une hausse des capacités éoliennes et photovoltaïques.

42% des capacités au fioul en moins

Comme révélé la semaine passée dans le dernier Panorama de l’électricité renouvelable, les capacités éoliennes et solaires ont, respectivement, progressé de 15% et 13% entre 2016 et 2017. Dans le même temps, la puissance installée du parc des centrales au fioul culmine désormais à 4 gigawatts (GW): en baisse de 42% par rapport à 2016.

Ayant bénéficié d’une année plutôt ventée et ensoleillée, les deux principales sources renouvelables de production d’électricité (hors hydraulique, bien sûr) ont fait des merveilles. Eoliennes et panneaux solaires ont injecté l’an passé 33,2 térawattheures (TWh)[1]. Certes, cela ne représente que 6,3% de la totalité du courant produit mais «pour la première fois, la production éolienne et solaire représente plus d’un tiers de la production renouvelable française», note RTE.

Moins d’eau pour l’hydroélectrique

Il est vrai que les épisodes de sécheresse ont réduit de 16% la production hydroélectrique qui, à elle seule, pèse 10% du total (53,6 TWh). Le nucléaire a, lui aussi, connu une petite baisse de régime: -1,3%. Ce qui représente tout de même une baisse de près de 4 TWh en un an, un peu moins de la moitié de la production photovoltaïque. Pas négligeable.

Malgré une augmentation des importations (36,2 TWh, l’an passé), les électriciens ont davantage fait tourner les centrales thermiques: +33,1% pour le charbon, +45,3% pour le fioul et 15,4% pour le gaz.

Sécuriser le réseau

«Cela est indispensable, non seulement pour préserver l’équilibre entre l’offre et la demande, mais aussi pour soutenir la fréquence et la tension, sans quoi le réseau s’effondre», rappelle François Brottes, président du directoire de RTE.

La satisfaction des besoins des usagers et le soutien du réseau a un prix climatique. L’an passé, les électriciens exploitant des centrales thermiques à flammes ont émis 33,189 millions de tonnes de CO2 (MtCO2), soit 18,13% de plus qu’en 2016. Il s’agit de la 4e hausse consécutive des rejets carbonés du secteur électrique tricolore depuis 2014.

 



[1] En hausse, respectivement, de 14,8% et 9,2%.

 



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