Electricité: le manque de PPE, ça nuit grave à la sécurité d'approvisionnement

Le 13 juillet 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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RTE craint de manquer de capacités de production hivernale.
RTE craint de manquer de capacités de production hivernale.
EDF

La France pourrait manquer de capacités de production d'électricité pour passer l'hiver, alerte RTE.

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité vient de sonner l’alarme. Dans son dernier bilan prévisionnel 2016, mis en ligne ce mercredi 13 juillet, RTE s’inquiète du manque de visibilité qu’occasionne pour le responsable de l’équilibre du système électrique français la publication feuilletonnée mais incomplète de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).


La filiale d’EDF constate la réussite des mesures d’efficacité énergétique. D’ici à 2021, la consommation moyenne annuelle pourrait descendre à 471 TWh/an : 1,5% de moins qu’en 2015. On est aux antipodes des 40% d’augmentation de la consommation annoncés, pour 2025, par Henri Proglio, l’ancien patron d’EDF. Dans la foulée, RTE estime que l’évolution des besoins de pointe subira la même tendance que la demande en base. Faudra-t-il moins de centrale pour assurer la sécurité d’approvisionnement des Français ?

+4 GW/an de capacité éolienne et photovoltaïque
Ce n’est pas le chemin emprunté par les producteurs d’électricité tricolores. Dans un scénario «vert», ils pourraient mettre en service 4 GW/an de capacité éolienne et photovoltaïque. De quoi faire doubler la puissance de ces deux filières entre 2015 et 2023. Malgré les progrès réalisés, ces technologies resteront intermittentes. Elles devront toujours être soutenues par des moyens de production thermiques classiques.

Quid du thermique?

Et c’est là que le bât blesse. Faute d’une direction gouvernementale claire, EDF et E.ON ne savent plus quel avenir préparer à leurs centrales au charbon, à fioul ou à gaz. L’annonce de l’instauration d’un prix plancher des quotas de gaz à effet de serre pour les seules centrales au charbon, dès le 1er janvier prochain, semble condamner la filière. Directive du 24 novembre 2010 oblige: tous les groupes au fioul auront probablement fermé en 2018. Les réserves portées récemment par la Commission européenne sur le futur marché français de capacités pourraient compromettre son démarrage l’an prochain. Réduisant du même coup l’intérêt pour leurs exploitants de maintenir en service leurs cycles combinés à gaz et leurs centrales à cogénération.

Dans le cas, extrême, où seules subsisteraient les centrales à gaz, la sécurité du système électrique français pourrait être rapidement compromise, estime RTE. Dans un scénario «thermique haut», les électriciens disposeraient d’une réserve de production de 4.700 MW, pour l’hiver prochain.

En revanche, l’éviction pour des raisons diverses de la plupart des capacités thermiques réduirait à 600 MW la marge de sécurité d’approvisionnement, dès cet hiver. Par la suite, la France se retrouverait en sous-capacité hivernale, d’environ 2.500 MW, jusqu’en 2021.Un comble pour un pays surcapacitaire depuis des décennies.



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