Electricité : la France passera-t-elle l’hiver ?

Le 26 octobre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Y aura-t-il de l'électricité à Noël? L'arrêt de 8 réacteurs nucléaires allemands provoque des sueurs froides en France où le courant importé d'outre-Rhin permettait jusque-là de passer sans trop d'encombre les grands pics de consommation de l'hiver.

Des pénuries et des pannes d'électricité en France sont une menace réelle, a averti le cabinet de conseil Capgemini dans son étude annuelle sur l'énergie en Europe, publiée ce mercredi 26 octobre.

Le risque existe en cas de conditions très défavorables, a reconnu le ministre de l'énergie Eric Besson, en cas de temps très froid et de retards dans le lancement de centrales thermiques en Allemagne. Dans ce scénario, oui, il pourrait y avoir des difficultés, a-t-il dit à l'Assemblée en réponse à un député.

En cause, outre le manque de disponibilité de l'électricité nucléaire allemande: l'aggravation chaque année du phénomène de pointes annuelles de consommation, autour de 19 heures l'hiver.

Le 15 décembre dernier à 19h02, la France a ainsi battu son record absolu de consommation: 96.710 mégawatts (MW), un pic en progression constante chaque année et plus de 25% supérieur à son niveau du début des années 2000, selon les chiffres de RTE, la filiale d'EDF responsable du réseau à haute tension en France.

A l'heure fatidique de la préparation du dîner et du bain des enfants, ces pointes devraient même atteindre 103.600 MW en 2015 et 107.300 MW en 2020, selon le dernier bilan prévisionnel de RTE.

«Est-ce qu'on aura des pannes pour autant, ce n'est pas sûr, heureusement», tempère Colette Lewiner, qui a dirigé l'étude de Capgemini.

«Cela va dépendre du froid, du fonctionnement des réacteurs nucléaires en France, qui s'est beaucoup amélioré, de la disponibilité des moyens de production ailleurs, je pense par exemple que l'Allemagne fera plus tourner ses centrales à charbon», estime l'experte.

Même avec l'appoint nucléaire allemand, la situation au cours des deux derniers hivers (particulièrement froids) a déjà été difficile.

Car la France, bien qu'exportatrice nette d'électricité, a une faiblesse: championne du chauffage électrique, sa consommation bondit lors des grands froids de près de 2.300 MW chaque fois que le thermomètre baisse d'un degré.

Il y a deux ans, l'Hexagone a été à plusieurs reprises très proche de ses niveaux d'importation maximale de 8.500 MW de ses pays voisins (Allemagne, mais aussi Royaume-Uni, Belgique, Suisse, Italie, Espagne).

C'est le critère d'alarme de RTE, même si l'importation relève souvent d'une logique économique et d'interconnexion européenne.

La filiale d'EDF met actuellement la dernière main à sa propre étude saisonnière, la référence en la matière, pour faire un point sérieux sur la situation et refuse pour l'heure de s'exprimer.

L'étude sera dévoilée début novembre peu avant une étude au niveau européen de l'Entso-E. Car outre la France, l'Allemagne et la Belgique pourraient également souffrir d'un hiver électrique compliqué, selon Colette Lewiner.

Il y a néanmoins une marge: avant d'être contraint à d'hypothétiques coupures maîtrisées, RTE peut toujours recourir aux contrats d'effacement de la demande de certains clients industriels ou lancer des appels au civisme comme c'est déjà le cas en Bretagne, région la plus fragile électriquement en France avec les environs de Nice.

Le dernier black-out, caractérisé par un effondrement complet du réseau, remonte en France à 1978. La dernière grande panne, liée à un incident en Allemagne, remonte au 4 novembre 2006.


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