Electricité: la CRE confirme que le prix devra grimper

Le 05 juin 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Philippe de Ladoucette, patron de la CRE, annonce depuis plusieurs années, une hausse inéluctable du prix de l'électricité.
Philippe de Ladoucette, patron de la CRE, annonce depuis plusieurs années, une hausse inéluctable du prix de l'électricité.
CRE

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a estimé, ce mercredi 5 juin, que les tarifs réglementés de l'électricité devaient augmenter fortement pour couvrir les coûts de production et de commercialisation d'EDF, eux-mêmes en forte progression, dans un rapport mis en ligne mercredi.

De nombreux facteurs expliquent cette envolée des coûts de production, parmi lesquels la modernisation des centrales (nucléaires, hydrauliques et thermiques), le remplacement des gros équipements des centrales nucléaires (générateurs de vapeur, par exemple), ou la mise en œuvre des prescriptions post-Fukushima de l’Autorité de sûreté nucléaire. «Les flux de trésorerie liés aux investissements ont augmenté de près de 16% par an», résume le gendarme des marchés français de l’énergie.

D’autres types de coûts ont aussi explosé. Les dépenses liées à l’achat de combustible nucléaire augmentent «tendanciellement» de 8% par an. L’obligation de financer des certificats d’économie d’énergie coûte cher à EDF. En 2012, l’électricien a dépensé 312 millions d’euros pour satisfaire à ses obligations, contre 138 M€, en 2008: une charge en hausse de 22,6% par an.

Selon les calculs du régulateur, le tarif bleu d'EDF, destiné aux particuliers, devrait ainsi augmenter de 6,8% à 9,6% cet été, puis d'environ 3,2% en 2014 comme en 2015.

Selon ses calculs, il faudrait en plus rajouter à ces hausses un rattrapage de 7,6% (qui pourrait être étalé dans le temps) afin de compenser la hausse nettement insuffisante de ce même tarif l'an dernier.

L’an passé, le gouvernement Ayrault avait décidé de limiter à 2% la hausse annuelle des tarifs réglementés de l'électricité, alors que la CRE avait préconisé une hausse bien plus élevée, et elle a de plus revu à la hausse les coûts d'EDF l'an dernier. Du coup, la CRE dit avoir constaté un écart de 1,47 Md€ l'an dernier entre les recettes et les coûts d'EDF pour les tarifs réglementés. Ce qui est contraire à la loi.

D'après la CRE, ces augmentations permettraient de refléter la progression des charges d'EDF, en raison notamment de ses investissements croissants pour la maintenance et le renforcement de la sûreté du parc nucléaire hexagonal.

Après une analyse détaillée sans précédent, elle estime que les coûts de l'électricien historique ont augmenté de 5,1% par an, entre 2007 et 2012, pour les charges fixes et variables, de 2,9% sur la même période pour les charges de capital, et de 6,3% pour ce qui concerne les dépenses commerciales.

Interrogée par l’AFP, la ministre en charge de l’énergie a exclu de suivre les conclusions de la CRE. «Il y a un problème de coût de production de l'électricité qui augmente mais il y a aussi un problème de pouvoir d'achat pour les Français», et «en l'état du pouvoir d'achat, il n'est pas question d'accepter une telle hausse cumulée», a affirmé la ministre.

Comme la loi interdit que les coûts supportés par EDF ne soient pas totalement intégrés dans les tarifs régulés, le contentieux sur les tarifs d’électricité promet d’être dense. Tout ce qu’il faut pour rassurer les investisseurs et les clients de l’énergéticien.



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