Electricité : la Californie passe au 100 % renouvelable

Le 29 août 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le tiers de l'électricité consommée par les Californiens est d'origine renouvelable.
Le tiers de l'électricité consommée par les Californiens est d'origine renouvelable.
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Le Golden State prévoit de ne plus consommer que des électrons ‘verts’ à partir de 2045. Reste à écrire le mode d’emploi.


C’est l’une des bonnes nouvelles que devrait annoncer le gouverneur Jerry Brown lors du sommet sur le climat qu’il présidera mi-septembre à San Francisco. Le sénat et la chambre des députés du Golden State viennent d’adopter, dans les mêmes termes, le projet de loi SB 100, durcissant deux précédentes législations sur la production d’électricité d’origine renouvelable.
Faire plus et plus vite
Soutenu par le sénateur Kevin de León, ce texte (initialement présenté en 2017) prévoit, en effet, que les électriciens californiens vendent, à partir de 2045, seulement de l’électricité produite à partir des énergies renouvelables, hors grande hydroélectricité, qui représente tout de même 15% des capacités. Jusqu’à présent, la législation régionale prévoyait que 20% des électrons consommés par les Californiens soient ‘verts’ en 2017, 33% en 2020 et 50% en 2030. Il faudra faire mieux.
Politique climatique
Pierre angulaire de la stratégie climatique californienne , le texte que doit ratifier le gouverneur de Californie d’ici la fin de la semaine accélère le rythme et fixe un objectif final très ambitieux. Les électriciens californiens ont jusqu’à 2027 pour que la moitié du courant mis sur le marché soient d’origine renouvelable. Et 18 années supplémentaires pour passer le reste de leur parc de production au tout renouvelable.
Ni nucléaire, ni hydraulique
La partie est loin d’être gagnée. Pour le moment, plus de la moitié des capacités de production consomment du fioul, du charbon et surtout du gaz naturel. En 2017, la capacité des centrales au gaz atteignait 42 gigawatts, soit 53% des capacités totales, contre 27% pour l’éolien, les énergies solaires (thermiques et photovoltaïques), la petite hydraulique et la géothermie . Le sort de la dernière centrale nucléaire californienne est d’ores et déjà scellé: son exploitant, PG&E, ayant décidé de l’arrêter définitivement en 2025 pour des raisons économiques.
Maintenir les réseaux
Comment atteindre le tout renouvelable en 2045? En investissant massivement dans de nouvelles capacités, sans doute. Mais aussi en achetant davantage de courant vert à l’extérieur. Bon an mal an, la Californie importe déjà le tiers de sa consommation des Etats voisins, dont 6% d’électricité produite à partir du charbon.

Reste à savoir comment trier le bon électron vert de l’ivraie carbonée? Sans doute en concluant des contrats d’achat à long terme auprès de centrales solaires ou éoliennes situées dans le Nevada, en Arizona ou en Oregon. La SB 100 indique que la satisfaction des besoins californiens ne devra pas perturber l’équilibre des réseaux d’électricité. Ce qui laisse à penser qu’il faudra tirer aussi de nouvelles lignes à très haute tension.
Quid du pétrole et du gaz?
Si elle inquiète les électriciens et le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, curieusement, la nouvelle législation ne semble pas poser de problème à la puissante industrie pétrolière locale. Jerry Brown oublie souvent de le rappeler: avec 500.000 barils produits chaque jour, la 5e économie de la planète est aussi le troisième Etat US producteur d’hydrocarbures. Une industrie qui fait vivre près d’un demi-million de Californiens et qui alimente 40% des capacités de production électriques de l’Etat.



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