Electricité: la bataille du Turpe est engagée

Le 18 janvier 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Préserver les revenus d'Enedis pour garantir les dividendes versés à EDF.
Préserver les revenus d'Enedis pour garantir les dividendes versés à EDF.
Enedis

Quelle rémunération pour Enedis entre 2017 et 2021? Quelle hausse des prix de l'électricité pour les consommateurs?

C’est une première. La ministre en charge de l’énergie vient de retoquer purement et simplement le projet de tarifs des réseaux publics de distribution de l'électricité (Turpe 5), concocté fin novembre par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Payée par tous les consommateurs d’électricité, cette taxe doit assurer la quasi-totalité des revenus d’Enedis, la filiale d’EDF chargée de l’exploitation des réseaux de distribution d’électricité.

Quel Turpe 5?

Le projet de Turpe 5, proposé par la CRE en novembre dernier, prévoyait une hausse de 2,71% du tarif dès le mois d’août prochain. Le Turpe devant, par la suite, être revalorisé chaque année au niveau de l’inflation, jusqu’à 2021. Pour le consommateur resté au tarif régulé (une majorité de particuliers), cette évolution aurait fait croître d’environ 2% le montant de la facture annuelle d’électricité.

Les raisons du refus

Dans une lettre publiée par le Journal officiel du 17 janvier, Ségolène Royal justifie son refus. La ministre estime notamment que le tarif proposé par le gendarme du marché de l’énergie prend insuffisamment «en compte les enjeux liés à la transition énergétique»: autoproduction, stockage d’électricité, recharge des véhicules électriques. Selon la locataire de l’Hôtel de Roquelaure, le régulateur serait aussi passé à côté de la délicate question de «la maîtrise des pointes électriques».

La vérité est ailleurs

Voilà pour la version officielle. Officieusement, c’est du sauvetage d’EDF dont il s’agit. La filiale dirigée par Philippe Monloubou verse chaque année un demi-milliard d’euros de dividendes. En proposant une rémunération d’Enedis très inférieure à ce qu’elle demandait, la CRE réduit en fait les revenus du groupe EDF. Inacceptable pour un groupe en grande difficulté. En toute indépendance, la ministre de l’énergie a donc choisi de soutenir l’opérateur historique et de désavouer la CRE.

Cette décision tombe au plus mal. Philippe de Ladoucette, le président de la CRE, est sur le départ. Et, au vu des griefs formulés par Ségolène Royal, il est peu probable qu’une nouvelle proposition de tarif (celle-ci fait 151 pages) puisse être formulée avant la prise de fonction du prochain président, dans trois semaines. Pressenti pour prendre la présidence de la CRE, le préfet Jean-François Carenco connaît donc déjà sa première priorité.



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