Électricité : comment généraliser les réseaux intelligents ?

Le 25 juin 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Linky est la première pierre des futurs réseaux de distribution intelligents.
Linky est la première pierre des futurs réseaux de distribution intelligents.

La Commission de régulation de l’énergie a publié, le 25 juin, une série de recommandations visant à sortir les Smart Grids de l’expérimentation et rendre «intelligent» la totalité du réseau de distribution.

L’avenir de l’électricité passe, sans doute, par le déploiement à grande échelle des réseaux intelligents. Ces Smart Grids, comme on les surnomme, sont le fruit du couplage des réseaux de transport et de distribution d’électricité et de technologies de l’information et de la communication. Ils ont donc la capacité de véhiculer de l’énergie et des données. Ce qui ouvre bien des perspectives aux électriciens, aux gestionnaires de réseaux et à leurs clients.

Plus d’énergies renouvelables

Leur déploiement permettra, par exemple, d’accueillir plus de sources de production intermittente d’électricité (éolien, photovoltaïques, hydroliennes), d’affiner l’équilibrage entre offre et demande, de faciliter la recharge des véhicules électriques. Le tout, sans forcément accroître les capacités installées classiques censées pallier les manquements des énergies intermittentes.

Côté aval, les énergéticiens espèrent que les données collectées par les compteurs permettront aux usagers de maîtriser leur consommation, notamment en période de pointe. Les réseaux intelligents pourraient aussi, durant ces moments critiques, utiliser les batteries des véhicules électriques comme source d’approvisionnement

Ce concept de Smart Grids regroupe une grande diversité de technologies: capteurs, automates de pilotage et de «cicatrisation» du réseau, réseau informatique et de télécommunication, compteurs communicants, etc.

100.000 automates

Après avoir équipé son réseau de transport (possédé et exploité par RTE), la France s’apprête à moderniser ses réseaux de distribution, propriété des collectivités locales mais maintenus et gérés par ERDF. ERDF a installé près de 100.000 automates pour détecter et réparer (dans une certaine mesure) les pannes survenues sur le réseau de distribution.

Le distributeur, qui a déjà expérimenté 300.000 compteurs intelligents, s’apprête à remplacer les 35 millions de compteurs électroniques ou électromécaniques, actuellement en service, par des compteurs Linky, également capables d’émettre et de recevoir des informations (données de comptage, ordres, etc.).

Faciliter le déploiement

Animatrice de la réflexion collective sur l’avenir de ces réseaux, la Commission de régulation de l’énergie (CRE, le régulateur des marchés français de l’électricité et du gaz) a rendu publiques, ce mercredi 25 juin, une quarantaine de recommandations afin de faciliter leur déploiement. Un chantier dont le coût est estimé à 6 milliards d’euros d’ici 2020 (dont 80% pour Linky) et qui pourrait créer jusqu’à 25.000 emplois.

Nouveaux services

Globalement, annonce le gendarme des marchés de l’énergie dans sa note, ses 41 recommandations visent à favoriser le développement de nouveaux services pour les utilisateurs des réseaux de distribution; accroître la performance de ces réseaux et contribuer à la performance globale du système électrique.

Pour sensibiliser les consommateurs, la CRE préconise ainsi de développer des dispositifs d’information sur les consommations et des outils de pilotage des installations domestiques.

Elle recommande de modifier le code de l’énergie, pour que les exploitants des bornes de recharge de véhicules électriques ne soient pas considérés comme des fournisseurs d’électricité, métier dont les contraintes sont lourdes.

Rien à redire, en revanche, au fait que les dispositifs de recharge communiquent avec les différents acteurs électriques pour «prendre en compte les signaux prix.»

Pour accélérer le déploiement des bornes de recharge, la CRE se dit favorable à leur raccordement (d’abord à titre expérimental) au réseau d’éclairage public.

Le juste prix de l’autoconsommation

Afin d’éviter la formation d’une bulle spéculative liée au développement annoncé de l’autoconsommation, le gendarme plaide pour l’adoption d’une prime à l’autoconsommation qui ne soit pas trop élevée. Ce qui aurait aussi le tort «d’inciter l’utilisateur à augmenter artificiellement sa consommation pour bénéficier de la prime».

Les exploitants d’installations de production décentralisées (renouvelables, le plus souvent) sont appelés à «participer au réglage de tension par l’absorption de la puissance réactive». Ce qui pourrait les obliger à équiper leurs parcs d’éoliennes ou leurs fermes photovoltaïques de condensateurs.

Last but not least, la CRE demande aux gestionnaires de tous les réseaux d’électricité (RTE, ERDF et EDF-SEI dans les DOM-COM) de présenter, le 1er novembre au plus tard, une feuille de route de mise en œuvre de ses recommandations. A suivre…



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