Election présidentielle au Giec

Le 16 février 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Vice-président du Giec, Jean-Pascal van Ypersele aimerait bien être président.
Vice-président du Giec, Jean-Pascal van Ypersele aimerait bien être président.
Jacky Delorme (UCL)

La France n’est pas seule à être en campagne électorale. Au mois d’octobre, les membres du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), c’est-à-dire les représentants de 195 gouvernements vont procéder au renouvellement des 31 membres de son bureau et à l’élection de son président. Candidat, pour la Belgique, à la succession de Rajendra Pachauri, le climatologue Jean-Pascal van Ypersele (université de Louvain) nous explique l’importance de cette élection.

À quoi sert le président du Giec ?

Il représente l’organisation, préside les réunions du bureau et les plénières, guide la grande machine du Giec, et fait travailler toutes ses composantes ensemble.

 

Beaucoup fantasment sur cette fameuse machine…

Elle est, en fait, bien petite. Basé à Genève, son secrétariat comporte une douzaine de personnes, sous statut de l’ONU. Il existe quatre autres bureaux qui abritent les unités d’appuis technique de chacun des trois groupes de travail et de l’équipe spéciale pour les inventaires d’émission. Cette cinquantaine de personnes fait travailler les 800 auteurs du rapport d’évaluation, sans oublier les milliers d’experts et de relecteurs.

 

On est loin de la mafia climatique décrite par certains.

Effectivement, son budget annuel ne doit pas excéder  7 millions d’euros. À cela, il faut ajouter les contributions nationales versées au Trust Fund, qui finance la logistique des réunions, la publication et la traduction des rapports ainsi que la participation des experts des pays en développement. Au total, cela représente un budget d’une douzaine de millions d’euros par an, ce qui est très peu au regard des enjeux climatiques. La plupart de ceux qui contribuent au Giec, y compris le président, sont bénévoles.

 

Quel est votre programme ?

Une partie de ce programme ne pourra être défini qu’après la réunion plénière du Giec, qui se tient à Nairobi à la fin du mois de février. Nous devrons notamment tirer les leçons du 5e rapport, dont la publication vient de s’achever, adopter de nouvelles règles de fonctionnement et esquisser le travail à venir. Je suppose que nous déciderons de lancer un sixième rapport d’évaluation. Ce qui conditionnera la prochaine mandature. En effet, les statuts du Giec prévoient de renouveler le bureau un an après la publication d’un rapport d’évaluation. Si nous lançons un nouveau rapport, dont la rédaction dure de 5 à 6 ans, les administrateurs et le président du Giec seront donc élus pour 6 à 7 ans.

 

Revenons à vos propositions…

Dans l’hypothèse probable d’un sixième rapport, je souhaite notamment améliorer le dialogue entre scientifiques et représentants des gouvernements.

 

C’est à dire ?

Les rapports d’évaluation sont rédigés par des scientifiques, à partir de la littérature. Cependant, les résumés pour les décideurs sont le fruit d’une co-rédaction entre les auteurs et les représentants des gouvernements. Ces derniers ne peuvent rien ajouter qui ne figure pas dans les rapports. Mais ils peuvent demander une formulation différente, voire une suppression de certains passages. Ce qui s’est déjà produit. Pour éviter pareille frustration, je pense que ces résumés doivent être raccourcis et que des professionnels de l’écriture devraient aider à leur rédaction, tout en laissant le rôle principal aux scientifiques. Les représentants des gouvernements auraient moins de raisons de l’amender ensuite.  

 

L’un des reproches faits au Giec est de ne s’appuyer que sur une certaine littérature scientifique…

Effectivement, les auteurs basent l’essentiel de leur évaluation sur la littérature revue par les pairs en anglais. Je pense que nous devons nous ouvrir à d’autres langues. Ce qui aura pour corollaire d’inciter plus de scientifiques de pays en développement à travailler pour le Giec.

 

Il n’est pas toujours facile pour eux de trouver le temps, donc l’argent, pour participer aux travaux du Giec.

Le travail que réalisent les auteurs et les experts pour le Giec n’est pas toujours valorisé dans les universités, en particulier dans les pays en développement. A nous de trouver les moyens pour financer des postes d’assistants qui permettront à ces universitaires de dégager du temps pour concilier leur travail de recherche et leur bénévolat pour le Giec.  

 



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