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El Niño, responsable des famines éthiopiennes

Le 30 juillet 2014 par Romain Loury
1984, une famine de longue portée climatique
1984, une famine de longue portée climatique
DR

La famine meurtrière qui a frappé l’Ethiopie en 1984-1985 était probablement liée à El Niño et à d’autres courants océaniques, selon une étude belge publiée dans l’International Journal of Climatology. De quoi faire craindre le pire alors qu’El Niño semble de nouveau se profiler.

Environ un million de morts: tel est le bilan de la famine qui a frappé le nord de l’Ethiopie il y a tout juste 30 ans. Le résultat d’une sécheresse sans précédent dans un pays d’Afrique pourtant accoutumé à ce genre d’événement climatique. L’explication d’un phénomène aussi extrême pourrait se trouver à des milliers de kilomètres de là, dans l’océan Pacifique oriental.

C’est ce que révèle l’étude de modélisation climatique menée par Sil Lanckriet, doctorant en géographie à l’université de Gand, et ses collègues: les précipitations du nord de l’Ethiopie sont liées à la conjonction de trois grands facteurs climatiques, qui expliquerait 89% des années de sécheresse que connaît l’Ethiopie.

D’une part, l’«oscillation australe» à l’est du Pacifique (ENSO, pour El Niño Southern Oscillation): celle-ci culmine tous les 2 à 7 ans par des épisodes d’El Niño, courant chaud au large du Pérou et de l’Equateur, séparés par des épisodes de La Niña, courant froid. Amplifiant l’impact d’El Niño, le Dipôle de l’Océan indien, phénomène similaire frappant plus à l’ouest, et les moussons du sud-ouest de l’Afrique.

Selon les dernières prévisions du Bureau de météorologie australien, les chances de voir El Niño revenir en 2014 seraient d’environ 50%, probabilité deux fois plus élevée que la normale. Soit un peu moins qu’on ne le pensait en début d’année, la température de l’océan Pacifique s’étant depuis rafraîchie. Si El Niño survenait malgré tout, «les chances s’accroissent que ce ne soit pas un épisode intense», indique le Bureau de météorologie.

De plus, le climat n’est pas le seul facteur en cause dans les sécheresses éthiopiennes, assurent les chercheurs belges. «Nos recherches en Ethiopie démontrent qu’il est possible qu’une telle sécheresse se reproduise, mais cela ne mènera pas à une famine comme en 1984. Les Ethiopiens ont été très actifs ces dernières décennies et ont reboisé les collines et conservé les sols; nous avons pu démontrer que cette terre pourra maintenant beaucoup mieux résister aux sécheresses», commentent deux co-auteurs de l’étude, Amaury Frankl et Jan Nyssen, dans un communiqué.



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