El Niño renforce l’effet de serre

Le 30 octobre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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El Niño contribue à accroître les émissions de CO2 et de méthane.
El Niño contribue à accroître les émissions de CO2 et de méthane.
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Les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre (GES) battent de nouveaux records, s’alarme l’Organisation météorologique mondiale. La faute aux activités anthropiques, mais aussi à des phénomènes naturels, attisés par El Niño.

 

A chaque sommet climatique, c’est la même chose. Les grandes institutions de recherche et les ONG de lutte contre le réchauffement publient des chiffres terribles, censés raviver la flamme de la lutte. Une semaine avant l’ouverture de la COP 23, à Bonn, c’est l’Organisation météorologique mondiale (OMM) qui ouvre le bal.

Selon les dernières données du Programme de la veille de l'atmosphère globale, jamais depuis 800.000 ans on avait observé une telle élévation des concentrations de GES dans l’atmosphère. Entre 2015 et 2016, la teneur moyenne de gaz carbonique (CO2) dans l’air est passée de 400 à 403,3 parties par million (ppm). Cette croissance de près de 1% (considérable en une seule année) est imputable, bien sûr, aux activités humaines, mais aussi et surtout à un puissant épisode El Niño.

Incendies et putréfaction

Ce réchauffement régulier du sud du Pacifique oriental génère d’importantes sécheresses dans de nombreuses régions du monde: produisant un terreau fertile au déclenchement d’importants feux de forêts, cracheurs de CO2. Il est aussi la source d’intenses épisodes pluvieux favorisant, eux, la décomposition des arbres, avec des relâchements de méthane à la clé.

Second GES en pouvoir global de réchauffement, le méthane, justement, a vu sa concentration progresser de 9 parties par milliard (ppb): un rythme supérieur d’un tiers à la moyenne observée ces 10 dernières années, indique l’OMM. Le protoxyde d’azote, le troisième larron climatique, ne progresse que de 0,8 ppb entre 2015 et 2016; sa vitesse de croisière.

Forçage radiatif total

Depuis le début de la révolution industrielle, vers 1750, les valeurs des trois principaux GES ont bondi, respectivement, de 145%, 257% et 122%. Dit autrement, le ‘forçage radiatif total’ causé par l’ensemble des GES persistants, qui induit un réchauffement de notre système climatique, s’est accru de 40% depuis 1990, et de 2,5% pour la seule année 2015-2016, selon les chiffres de l’administration américaine pour les océans et l'atmosphère (Noaa).

Source: OMM

«Si l’on ne réduit pas rapidement les émissions de GES, et notamment de CO2, nous allons au-devant d’une hausse dangereuse de la température d’ici la fin du siècle, bien au-delà de la cible fixée dans l’Accord de Paris sur le climat», a averti le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

«Le CO2 persiste dans l’atmosphère pendant des siècles, et dans l’océan encore plus longtemps. Selon les lois de la physique, la température sera nettement plus élevée et les phénomènes climatiques plus extrêmes à l’avenir. Or nous n’avons pas de baguette magique pour faire disparaître cet excédent de CO2 atmosphérique», a indiqué Petteri Taalas.



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