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El Niño, l’imprévisible

Le 04 janvier 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Kim Cobb, en action.
Kim Cobb, en action.

Sale histoire pour les climatologues. Nombre d’entre eux pensaient, jusqu’alors, qu’il existait une corrélation entre l’accroissement du nombre et de la puissance des phénomènes El Niño et le réchauffement climatique. Cela pourrait ne pas être aussi simple.

Apparaissant, généralement en décembre (d’où le nom El Niño, enfant Jésus, en espagnol), dans la partie orientale de l’océan pacifique équatorial, El Niño se manifeste par la migration d’une gigantesque vague d’eau chaude de l’ouest à l’est de l’océan pacifique équatorial.

Ce phénomène chasse les poissons des côtes du Pérou (notamment en 1982 et 1997) et provoque un fort accroissement des précipitations dans la partie occidentale de l’Amérique du sud. Selon son intensité et sa durée, il peut perturber le climat à l’échelle mondiale: saisons atypiques, fortes sécheresses, et conséquemment forte hausse de certaines denrées alimentaires.

Si tous ses mécanismes ne sont pas encore connus, El Niño Oscillation australe (de son vrai nom scientifique ou Enso) était réputé se déclencher plus fréquemment (en moyenne, tous les 2 à 7 ans) à mesure qu’augmente la température moyenne de l’océan. Depuis 1977, les scientifiques constatent un plus grand nombre d’Enso que par le passé. De là à imaginer que l’on puisse prévoir la survenue de ce perturbateur climatique à mesure que la température de l’eau de mer s’échauffe, il n’y a qu’un pas…

Un pas qu’il ne faut pas franchir, répond, en substance, Kim Cobb. Dans un article publié cette semaine par Science, le paléoclimatologue du Georgia Institute of Technology d’Atlanta (Etats-Unis) indique ne pas pouvoir confirmer cette théorie, après avoir retracé l’évolution du climat marin dans les îles Christmas et Fanning, où abondent les coraux et où les effets d’Enso se font fréquemment sentir.

Kim Cobb et ses co-auteurs ont analysé des carottes de squelettes de coraux fossiles. En étudiant particulièrement les différences de concentrations de certains isotopes de l’oxygène (qui fluctuent selon la température et la salinité de l’eau), les chercheurs sont parvenus à reconstituer les «événements» climatiques (et notamment les fluctuations des températures et des précipitations) survenus dans ces deux îles au cours des 7.000 dernières années.

Se basant sur ces données, ils ont mesuré la fréquence de l’intensité d’El Niño et confirmé un léger accroissement au 20e siècle qui pourrait être lié au changement climatique. Problème, les données fournies par l’analyse des squelettes de coraux montrent aussi une intensité encore plus grande d’El Nino il y a 400 ans, bien que la durée ait été plus courte.



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