El Niño dope l’effet de serre

Le 14 juin 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Observatoire de Mauna Loa
Observatoire de Mauna Loa
NOAA

Les ravages imputables à El Niño ne sont pas limités aux événements extrêmes qui ont émaillé l’actualité mondiale, ces derniers mois. La fluctuation thermique du Pacifique oriental a aussi contribué à renforcer l’effet de serre.

Dans un article publié lundi 13 juin dans Nature Climate Change, Richard Betts (MET Office) et ses confrères notent que, cette année, la concentration de CO2 dans l’atmosphère de l’hémisphère Nord ne devrait plus jamais descendre en deçà des 400 parties par million (ppm).

En utilisant les données collectées par l’observatoire de la Noaa de Mauna Loa, les 5 climatologues ont estimé que la teneur moyenne de gaz carbonique dans l’air devrait s’établir à 404,5 ppm: 3 ppm de plus qu’en 2015. Une accélération jamais observée depuis un demi-siècle! Habituellement, l’inflation carbonique progresse de 2 ppm par an, mais varie au fil des saisons[1].

Hasard du calendrier, le laboratoire français des sciences du climat et de l'environnement révèle, ce mardi, que la concentration de CO2 a atteint les 400 ppm au niveau de l'île d'Amsterdam (océan Indien Sud). Eloignée de toute activité anthropique, cette île possède l'un des airs les plus purs au monde. Y atteindre ce seuil symbolique est représentatif de la concentration globale en dioxyde de carbone.

Ce sont les conséquences des sécheresses, les incendies notamment, qui expliquent pour une bonne part l’accélération de la carbonisation de l’atmosphère de l’hémisphère Nord, avancent les auteurs.

Atteindre les objectifs de l’accord de Paris impose de limiter fortement les rejets anthropiques de dioxyde de carbone. Stabiliser sa concentration à 450 ppm donnerait de bonnes chances (60% environ) à l’Humanité de stabiliser le réchauffement à 2°C d’ici la fin du siècle, estime le dernier rapport du Giec[2]. Au rythme actuel d’émission, cette concentration pourrait être atteinte dès 2030.



[1] Au début du XIXe siècle, la concentration en CO2 de l’atmosphère de l’hémisphère Nord s’établissait autour de 280 ppm.

[2] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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