EGA : un déficit de notoriété

Le 10 octobre 2017 par Marine Jobert
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L'engouement populaire fait défaut.
L'engouement populaire fait défaut.
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Qui connait les Etats généraux de l'alimentation (EGA)? Sorti du cénacle syndicalo-journalistique, pas grand monde. Et ce, même dans le milieu agricole, où l'on semble fonder peu d'espoirs quant aux retombées de cette concertation, dont la première phase s'achève ce 11 octobre, avec des annonces attendues de la part d'Emmanuel Macron.

 

Les EGA sont-ils un processus en vase clos, qui n'intéresserait que les syndicats agricoles, les ONG environnementales, des associations de consommateurs et les journalistes? C'est ce que l'on peut se demander en lisant un sondage réalisé par l’institut Adquation et cité par La France Agricole. 40% des agriculteurs interrogés n'auraient jamais entendu parler du processus, lancé en juillet dernier par le gouvernement. Parmi ceux qui en ont entendu parler, ce n'est pas le fol enthousiasme: 70% n'en attendent aucune solution aux difficultés qu'ils rencontrent. Seuls 17% font confiance au processus pour améliorer leur situation.

OPECST. L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) a été officiellement saisi par la commission des affaires européennes de l'Assemblée nationale d'une demande de rapport sur l'indépendance et l'objectivité des agences européennes dans le dossier du glyphosate. Une fois nommés, les deux co-rapporteurs (un député et un sénateur) établiront une étude de faisabilité qui pourra éventuellement conclure à l'établissement d'un rapport.

Sur internet, ça n'a pas été non plus l'affluence des grands jours. Les réseaux sociaux n'ont pas empoigné le sujet et hormis lors de l'annonce du 20 juillet et le lancement le 29 août, le web n'a pas été une caisse de résonance pour ces Etats généraux. Pas mieux du côté de la plateforme collaborative mise en place par le ministère de l'agriculture: si 90.000 personnes se sont connectées, environ 13.000 seulement ont participé, laissant quelque 10.000 contributions et votant à 74.000 reprises (ce qui nécessite un simple clic).

Glyphosate. La collecte des signatures pour pousser l'initiative citoyenne européenne (ICE) visant à interdire le glyphosate a été clôturée de façon anticipée... à la demande de ses organisateurs. En 9 mois, le million de paraphes nécessaire a été atteint, vient d'annoncer la Commission européenne, qui a jusqu'au 8 janvier 2018 pour statuer sur la proposition législative des citoyens et des ONG. Leurs demandes: interdire le glyphosate, réformer la procédure d’approbation des pesticides et fixer à l’échelle de l’Union des objectifs obligatoires de réduction de l’utilisation des pesticides.

Quels acteurs ont-ils nourri le débat? En grande partie le ministère de l'agriculture, mais aussi des ONG spécialisées sur la santé ou le bien-être animal, la Confédération paysanne ou la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab). Pas de trace de l'industrie agroalimentaire, ni de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Des particuliers ont laissé des propositions, comme «indiquer combien d'eau il a fallu pour produire l'aliment» (19 votes, 4 commentaires), «interdire les repas vegans dans les cantines» (180 votes, majoritairement négatifs) et 67 commentaires) ou «rendre leur liberté de semence [aux agriculteurs]» (251 votes, essentiellement positifs, et 35 commentaires).

Comme le notaient deux consultants du secteur agricole interrogés par le réseau des agricommunicants (Syrpa) la semaine passée -et cité par Campagne & Environnement-, cette première phase laisse «un sentiment de confusion entre vitesse et précipitation, illustré par le décalage entre les ateliers et la consultation, le tout ne permettant pas un dialogue optimal entre tous les acteurs».

 



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