EGA: la déception du champ à l’assiette

Le 02 octobre 2018 par Marine Jobert
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Les EGA s'achèvent après un an de discussions.
Les EGA s'achèvent après un an de discussions.
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Syndicats agricoles, grande distribution, ONG de protection de l’environnement et de la santé… En chœur, ils critiquent la loi EGalim qui vient d’être définitivement adoptée.


Ils avaient éveillé beaucoup d’espoirs. Les Etats généraux de l'alimentatin (EGA), et la loi sur l’agriculture et l’alimentation que l’Assemblée nationale a définitivement adoptée ce mardi 2 octobre, s’achèvent sur une énorme déception. Déception du côté des agriculteurs qui espéraient rééquilibrer le rapport de force entre les distributeurs et eux, pour augmenter leurs revenus. «Le projet de loi EGalim s'annonce en définitive comme une simple charte n'imposant aucune contrainte aux transformateurs et distributeurs et ne reposant ainsi que sur leur bonne volonté plus qu'improbable pour augmenter le prix payé aux agriculteurs», vitupère la Coordination rurale. «Capable de légiférer sur les couverts en plastique mais incapable d’impulser un système plus contraignant concernant notre revenu: c’est révoltant et grave pour notre démocratie», dénonce la Confédération paysanne.
Guerres entre distributeurs
Déception du côté de la grande distribution également, qui achève ce marathon d’un an encore plus déchirée qu’au début, le patron de Leclerc dénonçant un «enfumage» et une «ponction» sur les consommateurs, et estimant que la loi favorise Carrefour et Casino face aux distributeurs qui se battent sur les prix. Déception, enfin, du côté des ONG de protection de l’environnement, pour qui le bilan n’est pas non plus fameux.
Le glyphosate, ce fiasco
Le refus, réitéré, des parlementaires LREM de ne pas voter pour l’interdiction du glyphosate aura recueilli beaucoup de critiques, voire des insultes sur les réseaux sociaux. Et ça n’est pas l’adoption de 20% de produits bio (mais pas forcément locaux) dans la restauration collective publique en 2022 qui aura calmé les esprits, pas plus que l’expérimentation du menu végétarien ou l’interdiction à venir de deux nouveaux pesticides tueurs d'abeilles. A porter au crédit de la nouvelle loi, concèdent les ONG: la suspension annoncée du dioxyde de titane dans l'alimentation (à confirmer par décret), l’étiquetage obligatoire de l'origine du miel, l’interdiction des contenants plastique dans les cantines en 2025, la fin des promotions sur les pesticides et la séparation entre vente et conseil.
Le bien-être animal ignoré
Parmi les grosses déceptions: l’absence de mesures significatives sur le bien-être animal (refus d'interdire les élevages de poules pondeuses en cage, le broyage des poussins et la castration à vif des porcelets par exemple); le refus de créer un fonds d'indemnisation pour les victimes des pesticides; la ré-autorisation de l'épandage aérien de pesticides (par drone) pourtant interdit depuis plusieurs années. «Les quelques rares avancées votées ne masqueront pas l'échec global d'une loi qui ne fixe aucun cap clair pour aider les agriculteurs à sortir de leur dépendance à la chimie et leur assurer un revenu décent», juge Agir pour l’environnement.
Des décrets sont attendus par la profession agricole, qui s’apprête à débuter les négociations commerciales annuelles avec la grande distribution.

 



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