EGA : des négociations, mais quelles marges de manœuvre?

Le 28 août 2017 par Marine Jobert
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Travert
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Le premier chantier des Etats généraux de l’alimentation (EGA) débute dans les jours prochains. La liste des participants reste inconnue, mais le nom des présidents a été dévoilé par Stéphane Travert. Un ministre de l’agriculture conscient des contraintes européennes et internationales qui pèsent sur le secteur agricole.

Cernée par la règlementation européenne agricole et environnementale, inféodée aux cours des marchés internationaux des matières premières, bordée par un droit de la concurrence communautaire inflexible, l’agriculture française bénéficie-t-elle de marges de manœuvres pour mener «une réforme sans précédent»? C’est ce que veut croire Stéphane Travert, qui réunissait ce 28 août les journalistes pour sa conférence de rentrée. L’occasion de dévoiler un calendrier des EGA qui tient du marathon: le premier des deux chantiers lancés le 20 juillet par le gouvernement devra accoucher de propositions qui seront arbitrées début octobre et annoncées par Emmanuel Macron dans la quinzaine suivante. Des propositions qui iront nourrir les positions de la France pour la réforme de la politique agricole commune (PAC) en cours, et viendront pimenter les négociations d’automne avec la grande distribution.

Une histoire de survie

«Cette transformation profonde va prendre du temps, susciter inquiétudes et résistances, a indiqué le ministre de l’agriculture. Elle sera peut-être critiquée aussi par ceux qui trouveront qu’elle n’est pas assez rapide. Mais je suis convaincu qu’elle est indispensable et possible, si les agriculteurs se sentent soutenus et reconnus dans leur travail et s’ils trouvent davantage de stabilité et d’autonomie économique.» Désigné coordinateur de ces EGA, le vice-président de la région Bretagne Olivier Allain (et maître d'œuvre du programme agricole d'En Marche), qui travaille en GAEC avec sa sœur, sur 130 hectares, avec 130 vaches et 6.000 poules pondeuses rappelle: «L’élevage est une activité délocalisable». Et il annonce, avec une émotion palpable: «Les agriculteurs sont prêts à tout s’ils peuvent gagner leur vie. C’est une histoire de survie.»

Ça se bouscule au portillon

C’est d’ailleurs à «la création et la répartition de la valeur» que sera consacré le premier chantier (voir ci-dessous pour le détail des ateliers), avant le deuxième, dédié à «l’alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous», qui débutera en octobre jusqu’à la fin novembre. Une avalanche de candidatures n’a pas permis encore, explique le ministre, de dresser une liste définitive de participants aux ateliers, qui réuniront entre 60 et 70 personnes lors de 4 réunions (la première durera une journée, les autres une demi-journée). Aucune retransmission vidéo des débats ne sera assurée.

Se parler

Têtue, la question de la marge de manœuvre de la France, encadrée par la règlementation européenne, a ricoché de question en question. «Mon travail, pendant les réunions avec les autres ministres de l’agriculture, c’est de trouver les moyens, les mots, pour trouver des alliés là où nous en avons besoin», a détaillé Stéphane Travert, qui a reconnu que la France «n’a pas toujours réussi à imposer ses messages». Pas question de critiquer le modèle agricole productiviste ou la production destinée à l’export, a prévenu le ministre: «L’agriculture française ne peut pas être une collection de petites fermes produisant chacune pour son village, pas plus qu’elle ne peut être composée d’un nombre restreint d’exploitations, de très grande taille et fortement concentrées». Et si, finalement, ces EGA n’étaient pas surtout l’occasion pour les participants de se parler, parfois pour la première fois, à l’image de ce qui a eu lieu lors du Grenelle de l’environnement? Le nom des participants et les rapports de force qui se dessineront au sein des ateliers permettront de répondre à cette interrogation.

 

 

 

Atelier 1: Mieux répondre aux attentes des consommateurs en termes de qualités nutritionnelles et environnementales, d'ancrage territorial, de bien-être animal et d'innovations

Co-présidents: Jean-Yves Mano, président de l'association CLCV (Association nationale de défense des consommateurs et usagers), ancien sénateur et Dominique Verneau, directeur de production des laiteries Triballat

 

Atelier 2: Développer les initiatives locales et créer des synergies

Co-présidents: Johanna Rolland, maire de Nantes, présidente de Nantes métropole, François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône

 

Atelier 3: Développer la bio-économie et l’économie circulaire

Co-présidents: Rémi Haquin, président d'Adivalor, Karen Serre, présidente du réseau Trame

 

Atelier 4: Conquérir de nouvelles parts de marché sur les marchés européens et internationaux et faire rayonner l’excellence du modèle alimentaire et le patrimoine alimentaire français en France et à l'international

Président: Jean-François Loiseau, président d’Axereal

 

Atelier 5: Rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs

Co-présidents: François Eyraud, directeur général de ‘Produits frais Danone’, Serge Papin, président directeur général de Système U

 

Atelier 6: Adapter la production agricole aux besoins des différents marchés et aux besoins des transformateurs

Président: Yves Delaine, directeur général délégué du groupe Avril

 

Atelier 7: Améliorer les relations commerciales et contractuelles entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs

Président: Guy Canivet, ancien premier président de la Cour de cassation, ancien membre du Conseil constitutionnel

 



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