Effondrement des populations américaines d’amphibiens

Le 23 mai 2013 par Marine Jobert
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La salamandre, en mauvaise posture.
La salamandre, en mauvaise posture.
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Les grenouilles, les crapauds et les salamandres américains ne sont pas à la fête. Une agence gouvernementale américaine (USGS) a documenté pendant 9 ans l’évolution des amphibiens dans leurs différents habitats. Les résultats ont été publiés hier dans la revue Plos One. Et le verdict est très sombre: en moyenne, les amphibiens les plus répandus diminuent à un taux de 3,7% par an et ceux qui sont inscrits sur la ‘liste rouge’ de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) disparaissent à un taux de 11,6% par an. Si cette tendance se confirme et se poursuit, ces espèces disparaîtront de la moitié des habitats qu’elles occupent aujourd’hui d’ici à 20 ans pour les plus communs et d’ici à 6 ans pour les espèces déjà fragilisées. «Nous savions qu’il y avait un gros problème avec les amphibiens, mais ces chiffres sont à la fois surprenants et inquiétants», estime l’écologue Michael Adams, l’un des principaux auteurs de l’étude.

 

Cette tendance s’observe quel que soit l’habitat scruté par les scientifiques, des marais de Louisiane aux hautes altitudes des ‘Sierras’. Les parcs nationaux et les aires protégées (il y en a environ 500 aux Etats-Unis) connaissent le même effondrement des populations d’amphibiens. «Ces déclins dans ces zones protégées sont particulièrement préoccupants car ils suggèrent que des facteurs de stress –comme des maladies, des contaminants ou la sécheresse- transcendent les milieux naturels», explique Michael Adams.

 

Cet effondrement actuel et à venir des populations d’amphibiens est d’autant plus préoccupant que, comme le note la directrice de l’USGS, Suzette Kimball, «leur présence a été constante depuis 350 millions d’années au moins, ils ont survécu à un nombre incalculable de changements qui ont pourtant conduit d’autre groupes d’animaux à l’extinction. C’est pour cela que les résultats de cette étude doivent être pris en considération: ils mettent en lumière le fait que les contraintes que subissent les amphibiens actuellement excèdent les capacités de beaucoup d’entre eux à y faire face.»

 

De façon générale, les animaux dont l’habitat est en lien avec l’eau douce sont concernés par ce déclin massif. La dégradation des habitats, mais aussi les maladies et les espèces invasives sont parmi les causes avancées par les chercheurs. Selon Michael Adams, «cette étude nous donne un point de référence qui va nous permettre de pister ce qui va advenir par la suite, d’une façon encore inédite jusqu’ici.»

 



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