Efficacité énergétique: l’Europe en passe de gagner son pari

Le 29 août 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En Europe, le nombre de véhicules a progressé de 25%, entre 2000 et 2014.
En Europe, le nombre de véhicules a progressé de 25%, entre 2000 et 2014.

L’Union européenne ne cesse de consommer mieux l’énergie. Mais pas toujours pour de bonnes raisons, précise un rapport du centre commun de recherche.

L’Europe est parfois pourvoyeuse de bonnes nouvelles. Ainsi, révèle une étude conduite par le centre commun de recherche (JRC en jargon communautaire), l’Union européenne a vu baisser de 6,35% sa consommation d’énergie finale entre 2000 et 2014. Cela n’a pas l’air de grand-chose. Mais en réduisant ainsi de 72 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) sa demande en énergie finale, l’Europe a économisé l’équivalent de la consommation annuelle de la Finlande. Mieux, souligne la Commission dans un communiqué, l’UE 28 a déjà atteint l’objectif d’efficacité énergétique fixé pour 2020 par le paquet Energie Climat.

Les 3x20

Adopté en 2008, ce train de mesures impose, collectivement, aux 28 Etats membres d’abattre de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2020, en portant à 20% le taux d’énergies renouvelables et en améliorant de 20% leur efficacité énergétique. La directive sur l’efficacité énergétique fixe à 1.086 Mtep le plafond d’énergie finale que l’UE pourra consommer en 2020. Objectif (légalement non contraignant) atteint avec 6 ans d’avance.

Reste à savoir si l’Europe est véritablement vertueuse ou simplement chanceuse…

Pour cela, commençons notre plongée dans les chiffres. En baissant de 17,6% sa demande d’énergie en 15 ans, l’industrie communautaire (16% de la consommation communautaire en 2014) réalise une très belle performance, suivie de près par le secteur résidentiel: -9,52%. En revanche, les transports (+2,2%) et les services (+16,5%) plombent un peu l’ambiance.

L’industrie subit la crise

Plusieurs explications. L’industrie a réagi à la hausse des prix de l’énergie, mais surtout à la crise économique, dont le Vieux monde peine à sortir depuis 2008. Les industries les plus énergivores (sidérurgie, produits minéraux non métalliques, chimie-pétrochimie) ont vu leur consommation, respectivement, chuter de 24%, 23% et 12% en 14 ans. Le pompon étant détenu par la production textile: -60%. Essentiellement imputable à la baisse de l’activité, cette moindre appétence pour les mégawattheures est particulièrement nette pour le gaz naturel: -22,6% tous secteurs industriels confondus. Sur la même période, la demande d’électricité des industriels européens ne baisse que de 6%. En revanche, l’efficacité énergétique ne progresse pas d’un iota. En 2014, on consomme autant pour produire une tonne d’acier, de ciment ou de papier qu’au début du siècle.

Chasse au gaspi

Autre (vrai) bon élève: le secteur résidentiel. Nos logements consomment près du quart de l’énergie finale communautaire. Mais ils se soignent. En 15 ans, leur demande a baissé de près de 10%. Et cette fois, ce n’est pas la faute à la crise. Les consommateurs ont bien réagi aux fortes augmentations des prix du gaz et de l’électricité (entre 30 et 35% entre 2007 et 2015). Bien sûr, en surveillant thermostats et ampoules, mais aussi en ne s’équipant plus que d’appareils sobres. En 2004, seuls 2% des appareils électroménagers vendus étaient de classe A, contre 56% en 2014. Les produits des classes B et C ne sont plus mis sur le marché européen depuis 2012 et 2008. Avec l’interdiction, il y a deux ans, des aspirateurs de plus de 1,6 kilowatts et l’élargissement et le durcissement des normes imposés par la directive Eco-label, cette tendance devrait se poursuivre, estime le JRC.

Le tertiaire: un secteur qui monte

C’est le secteur qui monte: nos commerces et nos bureaux ont vu croître de 16% leurs consommations d’énergie finale. Le tertiaire consomme donc 16% de l’énergie finale européenne, contre 13% en 2000. Il faut toutefois relativiser le premier chiffre. Car entre 2000 et 2010, la hausse a été très forte: +30%.

La crise financière et la stagnation qui sont suivi ont fait chuter de 10% la demande par rapport au pic enregistré en 2010. Deux tentatives d’explication à la mauvaise performance des 15 dernières années: un accroissement du confort apporté aux salariés et l’embauche de 23 millions de personnes, soit 16% en 15 ans. Autant que l’évolution de la demande de MWh.

La route redémarre

Avec le tiers de l’énergie consommée dans le continent, les transports sont un poids lourd énergétique. Comme le tertiaire, les transports ont connu une belle augmentation de la demande de produits pétroliers entre 2000 et 2007: +11%. Mais le terrain ‘conquis’ a été reperdu jusqu’en 2013. Avec 352 Mtep en 2014, les transports ont vu croître de 2,2% seulement leur consommation d’énergie depuis 2000.

Si la route (82% de l’appétit du secteur) ne voit sa demande progresser que de 2%, celle des modes de transport les plus propres, comme le rail et la voie d’eau s’effondrent, respectivement de 24% et 29%. Evidemment, l’efficacité énergétique progresse, elle, fortement. Car durant les 15 premières années du siècle, le nombre de véhicules terrestres est passé de 248 à 307 millions: un gain de 25%. Un petit bémol à cette bonne nouvelle: le kilométrage moyen, de son côté, a baissé de 10% en 15 ans.



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