EELV réfléchit à ses futures alliances

Le 03 juin 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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 "Il faut bâtir un mouvement écologiste qui rassemble largement", estime David Cormand.
"Il faut bâtir un mouvement écologiste qui rassemble largement", estime David Cormand.
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Très courtisé après son bon score aux élections européennes, le premier parti écologiste de France n’a pas déterminé de stratégie claire pour les municipales de 2020.

 

Les résultats du scrutin européen viennent à peine de tomber que déjà se profilent les élections municipales, autre scrutin très apprécié des écologistes. Le bon et inattendu score réalisé par Europe Ecologie-Les Verts (EELV), le 26 mai, place la formation dirigée par David Cormand au centre des stratégies de la recomposition du paysage politique français.

Dès le lendemain du vote, la porte-parole du gouvernement lançait, sur les ondes de France Inter, l’offensive de charme des Macroniens. Sibeth N'Diaye appelant notamment à la constitution d’une alliance progressiste, mais au parlement européen. Message relayée, sur Europe 1 cette fois, par Daniel Cohn-Bendit. «Les Verts européens auront besoin d'alliés, par exemple La République en marche, dans ce groupe libéral complètement transformé», insiste l’ancien leader de la liste écologiste aux Européennes de 2009.

Emporter la majorité

Génération Ecologie n’est pas restée de bois. Au moment, où l’ancien leader de mai 1968 tenait le micro, la députée Delphine Batho appelait à un «rassemblement des écologistes». Un troisième pôle politique (après ceux constitués par LREM et le RN) capable, «avec une écologie à plus de 20%» d’emporter la majorité. Dans les colonnes du JDLE, l’ancienne ministre de l’écologie indiquait être «ouverte à tout, sur la base de la rupture avec l’ancien système politique.» Cela se confirme.

Voir plus large

Ces appels du pied ne sont pas pour déplaire aux dirigeants écolos. En position de force, le premier parti écologiste de France entend prendre tout son temps avant de choisir ses futurs alliés. Dans un entretien accordé, en fin de semaine passée au Journal du Dimanche, David Cormand estime qu’il «faut bâtir un mouvement écologiste qui rassemble largement. EELV en sera bien sûr l’une des pierres, mais cela ne suffira pas. Il faut voir plus large», indique le Normand, estimant que «cette nouvelle force devra s’appuyer sur la société mobilisée, la jeunesse, la génération climat». Ressemblant étrangement au projet Europe Ecologie de 2008 (lequel donnera naissance à EELV), ce large rassemblement pourrait être annoncé lors des Journées d’été du parti écolo, en août prochain.

saga 2020

Tête de liste EELV aux européennes, Yannick Jadot se sent pousser des ailes. «Notre mouvement veut conquérir le pouvoir pour l’exercer», affirme l’ancien directeur des programmes de Greenpeace France. Une saga dont le premier épisode se déroulera en 2020, à l’occasion des municipales. «On veut conquérir énormément de grandes villes», indique l’eurodéputé.

Certes, mais en ne représentant qu’un électeur sur six, EELV devra conclure des alliances pour l’emporter, comme le fait son grand frère allemand. Depuis des années, les Grünen dirigent des territoires (Stuttgart, le Bade-Wurtemberg) après avoir conclu des accords de gouvernement aussi bien avec la droite qu’avec la gauche. Ce pragmatisme, bien compris outre-Rhin, pourrait fâcher bien des électeurs écologistes français.



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