Edulcorants, pesticides et antibiotiques en haute mer

Le 08 juillet 2019 par Stéphanie Senet
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Des ferries norvégiens ont été équipés d'une nouvelle génération de capteurs
Des ferries norvégiens ont été équipés d'une nouvelle génération de capteurs

Pour la première fois, une mission scientifique menée en mer de Norvège a identifié la présence d’édulcorants, de pesticides, d’hydrocarbures et d’antibiotiques très loin des côtes.

«La découverte de ces nouveaux polluants jusqu’à 1.000 kilomètres des côtes a été permise par la mise au point de capteurs de plus en plus précis qui ont été embarqués sur des ferries», explique au JDLE Patrick Farcy, directeur scientifique à l’Ifremer, coordinateur du programme européen Jerico-Next qui vient de se terminer.  

Cocktail d’édulcorants

Des petits réservoirs d’eau de mer qui ont révélé, en mer de Norvège, un cocktail humain d’édulcorants en très forte quantité. «Nous avons notamment trouvé de la sucralose utilisée dans les boissons allégées. Comme elle n’est pas assimilable par l’organisme humain, elle est rejetée dans les eaux usées et ne se dilue pas dans l’eau», poursuit Patrick Farcy.

Pesticides persistants

Deuxième découverte de ce programme européen Jerico-Next 2015-2019, qui a réuni 34 partenaires[1] de 15 pays: des pesticides et fongicides en grande quantité. «Les concentrations varient selon les zones et les types de molécules, car certains pesticides se diluent mieux que d’autres. En moyenne, on en a trouvé davantage dans le Nord de la Norvège que dans le Kattegatt (baie située entre le Danemark et la Norvège, ndlr)», note le représentant de l’Ifremer.

Antibiotiques et hydrocarbures

Dans le Kattegatt, les scientifiques ont en revanche décelé de fortes concentrations d’antibiotiques au large des côtes. Sans oublier des traces d’hydrocarbures, un peu partout en mer de Norvège, révélées par trois types de bactéries caractéristiques.  Les types d’hydrocarbures et les niveaux de concentrations n’ont en revanche pas pu être analysés à ce stade du programme de recherche.

Ce programme de recherche, qui s’est aussi intéressé à l’évolution du CO2, à l’acidité des océans et à la prolifération des micro-algues, doit se poursuivre par la publication, dans le courant de l’année, d’une cartographie des mers européennes diffusée sur internet et d’articles dans des revues scientifiques.



[1] Dont 25 instituts de recherche comme l’Ifremer, mais aussi des industriels et des institutions internationales

 



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